Les robots chirurgicaux sont-ils l'avenir de la médecine ?

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À ce jour, les robots chirurgicaux ne remplacent pas les précieuses mains des chirurgiens, mais viennent compléter leur savoir.
À ce jour, les robots chirurgicaux ne remplacent pas les précieuses mains des chirurgiens, mais viennent compléter leur savoir.
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© Adobe Stock, romaset

Les robots chirurgicaux sont de plus en plus nombreux dans les blocs opératoires. Les chirurgiens des temps modernes exercent un métier à la pointe de la technologie. Une valeur ajoutée aux coûts très élevé dus à une concurrence encore limitée. Les robots chirurgicaux viendront-ils un jour prendre le relai des médecins durement formés ? Éléments de réponse.

Comment fonctionnent les robots chirurgicaux de nos jours ?

À ce jour, les robots chirurgicaux ne remplacent pas les précieuses mains des chirurgiens. "Le robot n'effectue pas les gestes du chirurgien à sa place. C'est le chirurgien qui dirige les bras du robot. Deux doigts de chacune de ses deux mains manipulent des sticks, c'est-à-dire des manettes, qui commandent directement les mouvements des bras du robot porteurs des instruments chirurgicaux. Il s'agit donc, en réalité, d'un dispositif 'démultiplicateur' des gestes du chirurgien, qui supprime tout tremblement, si infime soit-il, permet de réaliser des sutures dans des positions très inconfortables, voire impossibles pour les mains humaines", explique le chirurgien viscéral libéral Philippe Hubinois, membre du séminaire de recherche "Que vaut le corps humain" au Collège des Bernardi, comme le rapporte The Conversation France.

Peuvent-ils remplacer les mains des chirurgiens ?

La grande question qui se pose ici est de savoir si les robots chirurgicaux peuvent prendre le relai des chirurgiens à terme. Comme l'explique Alain-Charles Masquelet (Chirurgien, professeur de médecine à Sorbonne Université) à The Conversation France dans "un certain sens oui, notamment dans les régions de notre anatomie dont l'accès est difficile. Les bras robotiques sont plus minces que l'avant-bras du chirurgien et l'instrument terminal, beaucoup moins encombrant que la main".

Les robots chirurgicaux ont-ils moins d'impact sur la rémission des patients ?

Les fabricants de systèmes robotisés à destination des hôpitaux affirment que "les opérations entraînent moins de complications chez les patients et des durées d'hospitalisation moins longues", rapporte The Conversation France. Une affirmation qui est loin d'être démontrée. Tout d'abord, aucune étude tranche en faveur des robots. De plus, "un article paru en 2014 dans la revue The Lancet soulignait que le bénéfice du robot était indiscutable pour le chirurgien en termes de précision et de confort. Par contre, le bénéfice pour le patient restait à démontrer en raison de l'absence d'essais comparatifs entre chirurgie traditionnelle et chirurgie assistée par robot", précise Alain-Charles Masquelet. De son côté, Philippe Hubinois ajoute : "En réalité, les résultats espérés avec la robotisation dépendent de deux choses : d'abord de la qualité intrinsèque du chirurgien, qui dirige les bras du robot (talent naturel, qualité de la formation), ensuite de l'aboutissement technologique du système robotisé, les progrès dans ce domaine étant constants."

Les robots de demain vont-ils prendre la place des chirurgiens ?

La médecine de demain sera-t-elle aux mains des robots ? "C'est sans doute là que se situe la vraie rupture technologique, car un tel robot résulterait du couplage entre la machine et l'intelligence artificielle", explique Alain-Charles Masquelet, qui ajoute que par ailleurs "nombreuses sont les situations où il est difficile d'imaginer qu'un robot puisse opérer seul un patient. C'est le cas en traumatologie, où les situations sont toujours singulières. De toute façon, l'intelligence artificielle a ses limites, quoi qu'on en dise, même avec l'arsenal sophistiqué relevant du machine learning". Si les robots chirurgicaux décuplent les capacités des chirurgiens, il est compliqué d'affirmer que ces derniers prendront le contrôle des blocs opératoires dans les prochaines années. Un article du Figaro en date du 8 août 2019 explique pourtant comment "en 2039, les robots auront révolutionné la médecine".

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