VIH et grossesse : ce qu'il faut savoir

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Peut éviter de transmettre le VIH à son enfant, la femme enceinte doit suivre un traitement adapté.
Peut éviter de transmettre le VIH à son enfant, la femme enceinte doit suivre un traitement adapté.
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© Adobe Stock, Yakobchuk Olena

Est-il possible d'avoir un enfant en bonne santé quand on est une femme infectée par le VIH ? Comment faire pour ne pas transmettre le virus à son bébé et pour poursuivre son traitement ? Alors que la journée mondiale de lutte contre le sida aura lieu le 1er décembre 2020, voici ce qu'il faut savoir sur la grossesse et le VIH.

VIH : quels risques de transmission de la mère au bébé ?

Quand une mère transmet le VIH à son enfant pendant la grossesse, le travail, l'accouchement ou l'allaitement, on parle de transmission verticale. En l'absence de suivi médical et d'interventions, son taux va de 15 à 45%, selon les chiffres de l'OMS. Mais grâce à la médecine, il est aujourd'hui possible de ramener le taux de transmission de la mère à l'enfant à moins de 2%. C'est pourquoi il est important, pour une femme séropositive, d'être prise en charge dès le début de la grossesse, voire plusieurs mois avant dans le cas d'un projet de grossesse exprimé (afin de mettre en place un traitement antirétroviral compatible). La grossesse à risque nécessitera un suivi interdisciplinaire mais également pédiatrique, lors des premiers mois de vie de l'enfant.

Comment tomber enceinte quand on est séropositive ?

Pendant des années, la procréation médicalement assistée (PMA) a été l'option la plus recommandée pour tomber enceinte sans risque de transmettre le VIH à son partenaire. Aujourd'hui, elle reste indiquée en cas de troubles de la fertilité ou lorsque les deux partenaires sont séropositifs. Le TASP (Treatment as Prevention) est désormais considéré comme la première option pour tomber enceinte malgré le VIH. Ce traitement permet à la mère d'atteindre une charge virale indétectable, et donc de ne pas transmettre le virus lors d'un rapport sexuel non protégé par un préservatif. Autres options pour le couple : pratiquer l'auto-insémination avec une seringue ou une pipette en plastique, ou avoir recours à l'insémination artificielle.

Rester en forme pendant sa grossesse avec le VIH

La grossesse ne contribue pas à faire progresser le VIH et ce dernier n'a pas d'effet indésirable sur la grossesse. Néanmoins, la grossesse doit être suivie avec plus de régularité que pour les femmes séronégatives, toujours dans un souci de ne pas transmettre le VIH à l'enfant. Le plus important est de poursuivre avec sérieux son traitement anti-VIH pour maintenir une charge virale réduite tout au long de la grossesse. Le soutien moral du corps médical est également essentiel pour toute femme séropositive enceinte. Celle-ci peut se poser de nombreuses questions, avoir des doutes, subir des jugements de la part de son entourage...

Quelles recommandations pour l'accouchement ?

"Le risque de transmission à l'enfant chez des femmes ayant une charge virale contrôlée n'est pas lié au mode d'accouchement", indique Sida Info Service sur son site internet. Si la charge virale est suffisamment basse et en l'absence de contre-indication obstétricale, la femme enceinte peut, depuis 2015, accoucher par voie basse. Au-delà d'un certain seuil de charge virale, c'est la césarienne qui est recommandée. Dans tous les cas, à la naissance, le bébé recevra un traitement médicamenteux adapté et sera suivi régulièrement. Concernant l'allaitement maternel, il est aujourd'hui contre-indiqué en France et remplacé par l'utilisation de lait en poudre.

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