Vaccination contre la grippe en pharmacie : tout ce qu'il faut savoir

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Se faire vacciner contre la grippe est recommandé aux femmes enceintes et aux personnes fragiles.
Se faire vacciner contre la grippe est recommandé aux femmes enceintes et aux personnes fragiles.
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© Adobe Stock, RFBSIP

Après deux années d'expérimentation dans plusieurs régions en France, les pharmaciens ont désormais le droit d'administrer le vaccin contre la grippe aux personnes ciblées par les recommandations vaccinales en vigueur.

Afin de faciliter le parcours de soins et renforcer la couverture vaccinale contre la grippe, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a décidé d'élargir la vaccination aux pharmaciens d'officine. Cette mesure du Plan Priorité Prévention a été votée lors de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019. Elle s'applique pour la première fois cette année, à l'occasion de la campagne de vaccination 2019/2020 lancée le 15 octobre dernier. Elle fait suite à deux années d'expérimentation menées en Nouvelle-Aquitaine, en Auvergne Rhône-Alpes (2017-2018), en Occitanie et Hauts-de France (2018-2019).

Tous les pharmaciens peuvent-ils vacciner ?

Pour pouvoir administrer le vaccin contre la grippe, les pharmaciens doivent remplir plusieurs conditions :

• Être volontaire et avoir validé une formation à la vaccination sur la base des objectifs pédagogiques de l'expérimentation.

• Répondre aux conditions techniques : disposer de locaux adaptés pour assurer la vaccination (notamment un espace de confidentialité clos et un point d'eau), d'une enceinte réfrigérée pour le stockage des vaccins, du matériel nécessaire pour l'injection du vaccin et d'une trousse de première urgence.

• Déclarer l'activité de vaccination à l'Agence régionale de santé (ARS)

Qui peut se faire vacciner en pharmacie ?

Les personnes majeures ciblées par les recommandations vaccinales, sauf celles ayant des antécédents de réaction allergique sévère à l'ovabulmine ou à une vaccination antérieure, peuvent être vaccinées par un pharmacien, qu'elles aient ou non été déjà vaccinées. Il s'agit :

• Des personnes âgées de 65 ans et plus ;

• Des femmes enceintes ;

• Des personnes atteintes de certaines pathologies chroniques comme le diabète, un déficit immunitaire, de l'asthme... ;

• Des personnes obèses avec un IMC supérieur à 40 ;

• De l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave (prématurés, enfants atteints de cardiopathie congénitale, d'une pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d'une affection longue durée) ;

• De l'entourage des personnes immunodéprimées ;

• Des professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère.

Les patients de moins de 18 ans doivent fournir une prescription du médecin au pharmacien pour pouvoir être vaccinés en officine. L'acte vaccinal est facturé 6,30 euros en France métropolitaine et 6,60 euros pour les départements et collectivités d'outre-mer. L'Assurance maladie prend en charge 70% du prix total (100% pour les personnes en affection longue durée éligibles à la vaccination antigrippale).

Pourquoi autoriser les pharmaciens à vacciner ?

L'élargissement de la vaccination aux pharmaciens a été mis en place pour renforcer la couverture vaccinale contre la grippe en France, qui était de 46,8% en 2018/2019. Un taux de vaccination jugé insuffisant par le ministère de la Santé.

Malheureusement trop souvent considérée comme une maladie bénigne, la grippe peut être grave, voire mortelle. L'épidémie de grippe 2018-2019 a provoqué la mort de plus de 8 000 personnes, a été à l'origine de plus de 10 000 hospitalisations et de plus de 1 800 cas graves admis en réanimation. "Son impact important sur les hospitalisations et la mortalité rappelle la gravité de la maladie et l'intérêt de la prévention, à savoir la vaccination chez les personnes à risque complétée de mesures barrières afin de limiter la diffusion du virus dans l'entourage des cas, ainsi que l'utilité d'un traitement antiviral précoce, particulièrement chez les sujets à risque", rappelle Santé Publique France.

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