Syndrome du bébé secoué : qu'est-ce que c'est ?

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Comment savoir si un bébé a été secoué ?
Comment savoir si un bébé a été secoué ?
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© iStock, ArtMarie

Le syndrome du bébé secoué est un traumatisme crânien non accidentel qui survient quand un jeune enfant est violemment secoué. Le cerveau d'un bébé étant fragile, les conséquences d'un secouement peuvent être graves, d'autant plus si cela se répète. Voici tout ce que vous devez savoir sur ce syndrome.

Chaque année en France, plusieurs centaines d'enfants sont victimes du syndrome du bébé secoué. La plupart d'entre eux sont des bébés âgés de moins de 6 mois et ont subi des secouements répétés dans le temps. Ce geste survient généralement quand la personne en charge de l'enfant perd son calme face à ses pleurs incessants.

Un risque de lésions cérébrales importantes

Lorsqu'un bébé est violemment secoué, sa tête balance d'avant en arrière car les muscles de son cou ne sont pas encore développés pour la retenir. Or, contrairement à un adulte, la tête d'un bébé est plus lourde par rapport à son corps. Même si l'enfant ne subit aucun choc, les secouements peuvent provoquer des lésions cérébrales, oculaires et de la moelle épinière car le cerveau bouge à l'intérieur de la boîte crânienne. Aussi, la matière cérébrale est moins importante que chez l'adulte et plus friable, ce qui la rend plus sensible aux mouvements brusques.

Les dommages les plus fréquents sont :

• Des hémorragies à l'intérieur de la tête (saignements autour du cerveau) ;

• Des hémorragies à l'intérieur de l'oeil ;

• Un oedème cérébral (gonflement du cerveau).

Ces lésions peuvent s'accompagner d'autres traumatismes tels que des bleus sur la tête et le corps, des fractures du crâne ou encore des fractures au niveau des côtes et aux extrémités des jambes et des bras.

Quels sont les symptômes du syndrome du bébé secoué ?

Les symptômes surviennent rapidement après le secouement et sont directement liés aux lésions neurologiques citées précédemment. Le bébé peut présenter :

• Une somnolence inhabituelle ;

• Une rigidité du corps ou une perte du tonus musculaire ;

• Des difficultés respiratoires ou des pauses respiratoires ;

• Des convulsions ou des mouvements anormaux des bras et des jambes ;

• Des vomissements ;

• Une irritabilité ;

• Une diminution de l'appétit ;

• Des troubles oculaires (l'enfant se met à loucher ou ne suit plus du regard, bouge ses yeux de façon anormale...).

Ces symptômes pouvant être liés à d'autres troubles, le diagnostic du syndrome du bébé secoué n'est pas simple à poser, d'autant plus que, souvent, l'enfant ne présente aucune lésion visible.

Le syndrome du bébé secoué est une urgence médicale. En présence d'un ou plusieurs de ces symptômes, contactez immédiatement les secours. Plus la prise en charge et le diagnostic sont précoces, plus il y a de chances de réduire les éventuelles séquelles neurologiques. Un bébé victime de secouement peut en mourir !

Quelle prise en charge ?

Si un syndrome du bébé secoué est suspecté, un examen clinique approfondi est réalisé ainsi qu'une batterie d'examens supplémentaires pour détecter des lésions : scanner cérébral, IRM, radiographie du squelette, prise de sang, examen ophtalmologique. Les médecins doivent également signaler ce cas au procureur de la République afin qu'il mette en place des mesures pour protéger l'enfant et décide des suites judiciaires à entreprendre. Les parents sont quant à eux informés du signalement et peuvent porter plainte contre la personne qu'ils mettent en cause, s'ils ne sont pas eux-mêmes responsables de l'incident.

Quelles séquelles ?

Les lésions neurologiques provoquées par le secouement peuvent entraîner des séquelles permanentes chez l'enfant :

• Paralysie ;

• Épilepsie ;

• Cécité ;

• Troubles de la vue ;

• Troubles du comportement ;

• Retards de développement (langage, motricité...).

Parfois, l'enfant secoué peut ne présenter aucune de ces séquelles mais souffrir de troubles d'apprentissage et de socialisation tout au long de sa vie.

Les facteurs de risque

Les personnes qui en arrivent à cette situation extrême sont souvent dépassées par les pleurs du bébé. A bout et en colère, elles perdent le contrôle de la situation et ont recours à la violence pour tenter de faire taire l'enfant. La fatigue, des difficultés dans le couple ou avec la famille, la dépression, la consommation d'alcool ou de drogues sont autant de facteurs de risque.

Si vous vous sentez dépassé(e) et que vous êtes tenté(e) de secouer votre bébé pour le calmer, demandez de l'aide à votre entourage, à un professionnel de santé ou appelez le 119 (Allô enfance en danger). Ne secouez JAMAIS un enfant car vous mettez sa vie en danger.

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