Schizophrénie et bipolarité : quelles différences ?

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Similaires, la schizophrénie et la bipolarité sont pourtant bien différentes.
Similaires, la schizophrénie et la bipolarité sont pourtant bien différentes.
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© iStock, fizkes
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La schizophrénie et la bipolarité font partie des maladies psychiques les plus fréquentes en France. La première touche 600 000 personnes dans le pays, la deuxième concerne 1 à 2,5% de la population. On les confond souvent car elles ont des points communs mais elles se distinguent sur plusieurs aspects.

Qu'est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est une maladie psychiatrique chronique qui se caractérise par une perception biaisée de la réalité. Les personnes schizophrènes font état d'idées délirantes ou d'hallucinations (auditives, visuelles et olfactives). C'est ce qu'on appelle les symptômes productifs ou positifs de la maladie. Ils s'accompagnent d'un fonctionnement psychique normal. Les malades passent aussi par des états passifs tels que l'isolement social et relationnel, la perte d'initiatives, l'incapacité à réagir, identifiés comme symptômes négatifs ou déficitaires.

La schizophrénie affecte également des fonctions normalement acquises chez les personnes qui en souffrent : paroles incohérentes, désorganisation de la pensée, troubles de l'attention, de la concentration et de la mémorisation, difficultés à planifier des tâches simples...

Cette pathologie psychiatrique apparaît généralement au cours de l'adolescence, entre 15 et 25 ans.

Son évolution est fluctuante mais certains des symptômes sont chroniques et sont ponctués d'épisodes de psychose aiguë. Chez la plupart des patients atteints de schizophrénie, les hallucinations et les idées délirantes sont présentes de façon continue.

Qu'est-ce que la bipolarité ?

La bipolarité affecte l'humeur de façon récurrente. La personne bipolaire alterne des phases "up" d'expansion de l'humeur avec une augmentation de l'énergie, et des activités (hypomanie) et des phases "down" de baisse de l'humeur (dépression). Quand le patient bipolaire n'est ni en phase "up" ni en phase "down", il affiche une humeur normale. Ces intervalles libres sont plus ou moins longs.

Ces épisodes maniaques ou dépressifs peuvent s'accompagner de symptômes psychotiques (hallucinations, idées délirantes, discours désorganisé).

Le trouble bipolaire apparaît entre 25 et 35 ans.

Contrairement à la schizophrénie, les symptômes du trouble bipolaire ne sont pas présents en continu chez le patient. Ce dernier a des phases de "répit" durant lesquelles son humeur est normale. Deuxième différence, les symptômes psychotiques ne sont pas systématiques dans la bipolarité.

Des traitements différents

Le traitement de la schizophrénie repose essentiellement sur les médicaments antipsychotiques et la psychothérapie. Le trouble bipolaire se traite avec des médicaments régulateurs de l'humeur (thymorégulateurs) et une psychoéducation. Il s'agit d'une psychothérapie qui aide les malades à mettre en place des stratégies d'adaptation pour gérer leur stress, aménager leurs rythmes de vie et réguler leur sommeil et leur alimentation. Le but étant de les amener vers une vie plus régulière, un facteur qui favorise la diminution des épisodes d'hypomanie et de dépression.

Une origine neurobiologique commune

La schizophrénie et la bipolarité se manifeste par des symptômes distincts et se traitent différemment mais il semblerait que ces deux maladies aient une origine commune : une altération de la substance blanche du cerveau, contenant les câbles qui relient les neurones d'une région du cerveau à une autre. Cette hypothèse avancée par plusieurs études pourrait expliquer les points communs entre ces deux maladies.

Sources :

- Inserm- Haute Autorité de Santé (HAS)- Fondation Fondamental

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