"Zéro alcool" : quels sont les risques pendant la grossesse ?

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Boire de l'alcool pendant la grossesse peut avoir de graves conséquences sur la santé du bébé.
Boire de l'alcool pendant la grossesse peut avoir de graves conséquences sur la santé du bébé.
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L'agence Santé Publique France ne cesse de répéter ce message, notamment chaque 9 septembre à l'occasion de la journée internationale du syndrome de l'alcoolisation foetale : "zéro alcool pendant la grossesse". Mais que risque-t-on à consommer quelques boissons alcoolisées lorsqu'on est enceinte ?

Des conséquences sous-estimées

D'après une étude de l'Inpes parue en 2015, les Français et Françaises connaissent très mal les risques de la consommation d'alcool pendant la grossesse. L'enquête montre ainsi qu'un quart seulement estime "que toute consommation d'alcool pendant la grossesse comporte un risque pour le nouveau-né". Et si 86% d'entre eux sont conscients qu'une consommation ponctuelle excessive est dangereuse pour le foetus, 18% pensent qu'il est possible de boire quelques gorgées d'alcool de temps en temps sans risque. Or, même une faible consommation peut avoir de graves répercussions pour le bébé.

Des risques à court et long terme

Tout d'abord, il faut savoir que l'alcool est capable de traverser le placenta, passant ainsi du sang maternel au sang du foetus. Lorsqu'une femme enceinte en consomme, son bébé est lui aussi alcoolisé. Mais son taux d'alcoolisation est plus fort que celui de sa mère en raison de son faible poids et de ses organes (le foie et les reins) qui ne sont pas encore assez développés pour éliminer l'alcool.

En plus d'augmenter les risques de fausse-couche ou d'accouchement prématuré, consommer de l'alcool pendant la grossesse peut avoir des effets néfastes sur la croissance du bébé. Celui-ci peut développer des malformations cardiaques et neurologiques, ainsi que des anomalies du système nerveux central (qui se traduisent notamment plus tard par de l'hyperactivité, des troubles de la mémoire ou de l'attention, des troubles de l'apprentissage ou du langage).

Mais le risque le plus grave se nomme syndrome d'alcoolisation foetale (SAF), une affection touchant une naissance sur 1 000 en France. Il se manifeste chez l'enfant par un retard de croissance, des difficultés d'apprentissage et d'adaptation sociale, mais aussi une dysmorphie crânienne et faciale (anomalies concernant la forme du crâne et du visage du bébé). "Le SAF est la première cause de handicap mental non-génétique à la naissance et d'inadaptation sociale de l'enfant et il est entièrement évitable", souligne Santé Publique France dans une étude publiée en septembre 2018.

Que faire si vous avez consommé de l'alcool ?

Vous avez bu de l'alcool avant d'apprendre que vous étiez enceinte ? Pas de panique. Avant d'envisager le pire, parlez-en à votre médecin afin d'évaluer avec lui le risque éventuel, surtout en cas de consommation excessive ponctuelle. Ensuite, abstenez-vous jusqu'à votre accouchement (voire plus si vous comptez allaiter). Cette abstinence totale est en fait un principe de précaution, car les scientifiques n'ont pas réussi à déterminer s'il existe un seuil en dessous duquel l'alcool n'est pas dangereux pour le foetus. Pour éviter tout risque, mieux vaut suivre à la lettre le message "zéro alcool pendant la grossesse" !

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