Quels traitements suivre contre la descente d'organes ?

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La rééducation du périnée est utilisée en cas de forme débutante de descente d'organes.
La rééducation du périnée est utilisée en cas de forme débutante de descente d'organes.
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© Adobe Stock, Rosalie P.

Émilie Nougué

La descente d'organes, également appelée prolapsus, est un phénomène courant chez les femmes de plus de 45 ans. Découvrez comment la traiter à tous les stades de son évolution.

Qu'est-ce que le prolapsus ?

Le prolapsus désigne une descente anormale de la vessie, du vagin, de l'utérus ou du rectum, soit les organes situés dans le petit bassin chez la femme. Il est dû au relâchement des muscles du périnée (les muscles pelviens) et des ligaments en raison d'accouchements difficiles, de la ménopause, d'une forte pression intra-abdominale ou de l'hérédité. La descente d'organes n'est pas subite mais s'étale sur plusieurs années. Aussi, dès que des symptômes apparaissent (douleurs pelviennes, incontinence urinaire...), il ne faut pas hésiter à consulter avant que la situation ne s'aggrave.

La rééducation comme traitement naturel

Pour les formes débutantes de descente d'organes, la solution d'abord envisagée est la rééducation périnéale. Les sages-femmes ou les kinésithérapeutes emploient plusieurs techniques pour tonifier les muscles du périnée, qui soutiennent les organes : exercices, sonde, électro-stimulation... Une dizaine de séances est nécessaire et s'accompagne de règles à suivre au quotidien. Il convient en effet de ne pas porter de lourdes charges, de perdre du poids si besoin, de prévenir la constipation ou encore d'éviter les activités sportives traumatisantes pour le périnée comme le saut à la corde, le jogging et le step, et de les remplacer par un autre sport. La rééducation périnéale ne corrige pas le prolapsus, mais elle en stabilise l'évolution et en améliore les symptômes.

La chirurgie pour les stades avancés

Lorsque la rééducation du périnée n'est pas suffisante, si le prolapsus en est à un stade trop avancé ou si la gêne est importante, il est possible de passer par la case chirurgie. L'opération nécessite soit de passer par le vagin, soit plus rarement d'ouvrir l'abdomen. Le ou les organe(s) descendu(s) sont remis en place grâce à des fils ou des prothèses qui forment une sorte de hamac pour les organes. Pour les stades trop avancés, une ablation totale ou partielle de l'utérus peut être proposée.

Si la chirurgie n'est pas envisageable ou si l'attente avant une opération est trop longue, le pessaire peut s'avérer utile. Il s'agit d'un dispositif en forme d'anneau ou de cube qui se place à l'intérieur du vagin pour aider l'utérus à rester dans sa position normale. Fabriqué en caoutchouc, latex ou silicone, il est le plus souvent posé par un gynécologue. Le pessaire est parfois prescrit aux femmes qui souffrent de prolapsus mais qui sont enceintes ou souhaitent avoir un enfant. Il est proscrit dans certains cas, notamment chez les patientes souffrant d'infections pelviennes ou d'endométriose.

Les techniques préventives qui fonctionnent

Le recours à l'épisiotomie lors d'un accouchement en cas de risque de déchirement des muscles du périnée est efficace pour prévenir la descente d'organes, tout comme la rééducation après l'accouchement. Au quotidien, lutter contre l'obésité et la constipation diminue également les risques de prolapsus.

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