Qu'est-ce que la PrEP, cette pilule qui protège du VIH ?

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La PrEP est une pilule prescrite par un médecin qui permet de se protéger contre le VIH.
La PrEP est une pilule prescrite par un médecin qui permet de se protéger contre le VIH.
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© Adobe Stock, nito

Solène Filly

Cette petite pilule bleue confirme son efficacité pour ne pas se faire contaminer par le VIH. Une révolution qui est disponible en France sur ordonnance.

Prendre un médicament pour éviter de contracter le Sida ? C'est possible depuis 2016 en France grâce à la PrEP, soit Prophylaxie Pré-Exposition. Une pilule bleue commercialisée sous la marque Truvada et en version générique prescrite par un médecin spécialisé dans la prise en charge du VIH, soit en service hospitalier, soit en Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic. Elle contient deux antirétroviraux qui empêchent le VIH d'infecter les cellules.

La PrEP peut ensuite être prise "à la demande", avant et après un rapport, ou de manière continue - pour les femmes, seule cette deuxième option est possible. Dans les deux cas, la PrEP implique un suivi médical régulier (trimestriel) car même si elle est généralement bien tolérée, elle peut avoir des effets secondaires sur le long terme. Des rendez-vous lors desquels sont aussi réalisés plusieurs tests de dépistage car cette pilule ne protège pas des infections sexuellement transmissibles comme l'hépatite A, B ou C, ou encore la syphilis et la chlamydia. Comme le rappelle le Pr Jean-Michel Molina, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Saint-Louis de Paris, au Figaro : "Le préservatif reste l'outil indispensable de prévention, la PrEP vient simplement s'y ajouter."

Pour qui ?

100% remboursée par la Sécurité Sociale, la PrEP est conseillée aux personnes qui n'utilisent pas toujours de préservatifs et qui ont plus de risques de contracter le virus du Sida, soit, comme l'indique le site Sida Info Service, "les gays et transgenres, les usagers de drogues intraveineuses avec partage de seringues, les travailleurs(ses) du sexe exposé(e)s à des rapports sexuels non protégés, les personnes originaires de région à forte prévalence (Afrique subsaharienne, Guyane...) et les personnes ayant des partenaires sexuels multiples". La PrEP est cependant déconseillée en cas de séropositivité, de symptômes d'infection aiguë par le VIH, de certains troubles rénaux, d'hypersensibilité à certains excipients, mais aussi d'allaitement.

Dans le cas d'un couple séro-différent, le TasP (Traitement comme outil de Prévention) suffit à protéger le partenaire non séropositif d'une contamination.

Quel résultat ?

Si ce traitement est relativement nouveau, le résultat d'une étude de l'ANRS Prévenir et de l'association AIDES en Île-de-France, coordonnée par le Pr Molina, est très encourageant puisque sur les 1 435 volontaires (principalement des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes), aucun n'a été contaminé par le VIH. Le 30 juillet 2018, le site de l'hôpital Saint Louis à Paris écrivait ainsi qu'"il n'a été observé aucun cas d'infection par le VIH, ni chez les personnes prenant la PrEP de manière continue, ni chez celles ayant choisi le schéma de prise à la demande". D'ailleurs, à San Francisco où la PrEP est recommandée aux personnes qui ont des comportements à risques depuis 2012, le site AIDES rapporte que le nombre de contaminations a diminué de 49% en 2016.

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