Pollution aux particules fines : de quoi s'agit-il ?

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Vue de Paris dans le brouillard.
Vue de Paris dans le brouillard.
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© iStock, Delpixart

La rédaction

La pollution atmosphérique est un vrai problème de santé publique. Parmi les polluants chimiques qui suscitent des inquiétudes, les particules fines sont celles qui ont été les plus étudiées par les scientifiques. Qu'est-ce qui caractérise ces particules fines ? Pourquoi sont-elles dangereuses pour la santé ? On fait le point.

Les différents polluants atmosphériques

On recense aujourd'hui plusieurs types de polluants dont la toxicité a été prouvée :

• Les particules de l'air extérieur. On distingue trois types de particules en suspension : les PM10 dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (µm), les PM2,5 dont le diamètre est inférieur 2,5 µm et les particules ultrafines dont le diamètre est inférieur à 0,1 µm (les fameuses nanoparticules).

L'ozone, un gaz naturellement présent dans l'atmosphère terrestre.

Le dioxyde d'azote (NO2), un gaz produit par les moteurs à combustion interne et les centrales thermiques.

Les composés organiques volatiles (benzène, formaldéhyde, 1,3-butadiène...). On les retrouve dans de nombreux produits tels que les dissolvants, les produits ménagers, les vêtements, les emballages alimentaires...

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ils proviennent de la combustion incomplète de matières organiques comme le tabac, le charbon ou encore les carburants. Les fumeurs sont particulièrement exposés aux HAP. Certains modes de cuisson comme le barbecue ou la poêle favorisent aussi la production de HAP.

Les métaux (plomb, arsenic, chrome...).

Les polluants biologiques tels que le pollen et les moisissures.

Particules fines : de quoi parle-t-on ?

Les particules fines sont des particules en suspension dans l'air dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres (µm). Elles restent dans l'atmosphère car leur très petite taille (elles sont dix fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu) ne leur permet pas de retomber sur le sol sous l'effet de la gravité. Seule la pluie les fait chuter sur le sol. Les temps froids/chauds, secs et l'absence de vent favorisent donc leur multiplication dans l'air que nous respirons. Les particules fines sont naturellement présentes dans l'atmosphère car issues de l'érosion engendrée par les éruptions volcaniques, le vent et les tempêtes. Mais elles se sont multipliées de façon rapide avec les activités humaines. Ces particules solides ou en aérosols contiennent des polluants biologiques (pollens, poussières, moisissures) et des polluants chimiques provenant des activités humaines (transports, feux de cheminée, installations de chauffage à bois, usines d'incinération des déchets, cultures agricoles avec épandage d'engrais...).

Particules fines : quels dangers pour la santé ?

Selon Santé Publique France, la pollution aux particules fines serait responsable d'au moins 48 000 décès prématurés par an, en France. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique qu'il existe "un lien étroit et quantitatif entre l'exposition à des concentrations élevées en particules (PM10 et PM2,5) et un accroissement des taux de mortalité et de morbidité, au quotidien aussi bien qu'à plus long terme". Si les particules en suspension sont nocives, c'est parce que leur petite taille leur permet de pénétrer dans notre nez, nos bronches et nos poumons. Plus elles sont fines, plus elles sont dangereuses. C'est pourquoi elles sont encadrées par les normes de qualité de l'air.

En atteignant les alvéoles pulmonaires, les PM2,5 augmentent le risque de maladies pulmonaires. Mais ce n'est pas tout. Les particules fines pénètrent ensuite dans notre sang, favorisant l'obstruction des petits vaisseaux sanguins et a fortiori les maladies cardiovasculaires. Un certain nombre de maladies pourraient être liées à l'exposition aux particules fines : asthme, cancer du poumon, bronchite chronique, accident vasculaire cérébral (AVC), problèmes pendant la grossesse, troubles de la croissance du foetus, infarctus...

Depuis 2013, l'ensemble des particules fines, ainsi que la pollution de l'air extérieur, ont été classées comme des cancérigènes certains pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Aujourd'hui, le seul moyen de réduire le risque de mortalité lié à la pollution est de mettre en place des mesures pour améliorer la qualité de l'air. Plusieurs études épidémiologiques ont constaté des bénéfices sanitaires quand les taux de pollution diminuent.

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