Peut-on guérir du VIH ?

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Le/la contaminé(e) par le VIH débute un traitement à vie, doublé d'une surveillance clinique régulière.
Le/la contaminé(e) par le VIH débute un traitement à vie, doublé d'une surveillance clinique régulière.
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© Adobe Stock, Srdjan

Transmis majoritairement par voie sexuelle mais aussi par voie sanguine, le VIH vit en 38 millions de personnes à travers le monde en 2019. Depuis son identification en 1981, le nombre de décès diminue drastiquement grâce aux recherches et progrès considérables. Le virus est mieux connu par les scientifiques, les traitements se développent. La guérison est-elle alors possible ?

L'acronyme VIH désigne le Virus de l'Immunodéficience Humaine qui provoque la maladie du sida. Une fois dans l'organisme, ce rétrovirus va infecter les cellules du corps humain à l'aide de ses enzymes. En ligne de mire : les défenses comme les lymphocytes. La personne infectée devient immuno-déficiente, c'est-à-dire qu'elle est incapable de se défendre contre les infections et peut voir apparaître d'autres problèmes comme "les maladies opportunistes" qui profitent de l'organisme fragilisé. L'infection ne se déclare pas automatiquement par des symptômes, il est possible de vivre avec sans en être conscient. Un test de dépistage permet de lever le doute sur une éventuelle séropositivité. Le/la contaminé(e) débute alors un traitement à vie, doublé d'une surveillance clinique régulière.

Les médicaments : une stabilisation mais pas de rémission

Apparus en 1996, les médicaments dits antirétroviraux empêchent le virus de se multiplier et bloquent ses effets sans l'éliminer de l'organisme. Ils réduisent également le risque de transmission à un partenaire et augmentent l'espérance de vie. Trois sont généralement à ingérer, on parle alors de "trithérapie". Grâce à elle, le nombre de décès décline comme le révèle ONUSIDA : "En 2019, 690 000 (estimation moyenne d'une fourchette entre 500 000 et 970 000) de personnes sont décédées de maladies liées au sida dans le monde, contre 1,7 millions (1,2 millions - 2,4 millions) en 2004 et 1,1 millions (830 000 - 1.6 millions) en 2010."

La prise obligatoire de ces molécules efficaces n'éradique pas pour autant le virus. Le patient retrouve une vie presque normale mais demeure séropositif. Ce traitement soumis dans le monde entier est la solution actuelle proposée au grand public pour contenir le VIH. "Certaines personnes supportent mal ces médicaments (qui ont des effets secondaires importants) ou bien ne parviennent pas à les prendre régulièrement. Il se peut aussi que le virus devienne résistant aux traitements ce qui peut entraîner un échec thérapeutique", précise Sida Info Service. Une raison supplémentaire pour étendre les recherches !

Les avancées scientifiques qui donnent de l'espoir

L'utilisation du terme "guérison" demeure délicat car seuls deux cas de rémission chez l'humain sont connus. "Le patient de Berlin" (annoncé en 2011) et "le patient de Londres" (mars 2020) n'ont plus de traces du virus dans leur corps. Pour les deux hommes, qui ont développé des cancers, cette prouesse médicale a été rendue possible grâce à la greffe d'une moelle osseuse provenant d'un donneur à la structure biologique exceptionnelle. "On a alors découvert que la moelle greffée provenait d'un donneur qui avait des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH. Selon les estimations, 0,3% de la population est doté de cette immunité naturelle au VIH qui provient de la mutation d'un gène dit CCR5", explique le journal Libération. Toutefois, cette opération dangereuse est réservée aux cas graves. Nombreuses sont celles qui n'ont, malheureusement, pas abouties.

En décembre 2018, Top Santé partageait la découverte d'une faiblesse du virus à exploiter : "Des chercheurs de l'Institut Pasteur sont parvenus à identifier les caractéristiques des lymphocytes T CD4 qui se font préférentiellement infecter par le virus. Concrètement, les scientifiques ont découvert que le VIH s'installait en priorité dans les cellules qui présentent une forte activité métabolique, donc une production d'énergie importante." Autre bonne nouvelle relayée par Le Figaro en juillet 2019, l'élimination de l'agent infectieux chez des souris : "Les chercheurs américains sont parvenus à relever le défi en combinant deux stratégies: le système d'édition génétique CRISPR, qui a ici permis de détruire les gènes du virus cachés dans l'ADN (mais qui a de nombreuses autres applications), et le recours à des traitements antirétroviraux améliorés, les LASER ART. Ces derniers ont été modifiés chimiquement afin d'être capables de bloquer la réplication virale pendant de plus longues périodes que les traitements classiques." La bataille n'est pas encore gagnée mais les travaux se poursuivent activement pour que le rétablissement complet ne reste pas qu'une merveilleuse utopie.

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