Perturbateurs endocriniens, c'est quoi exactement ?

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Certains produits ménagers peuvent contenir des perturbateurs endocriniens.
Certains produits ménagers peuvent contenir des perturbateurs endocriniens.
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Laetitia Reboulleau

Souvent évoqués comme nuisibles pour la santé, les perturbateurs endocriniens inquiètent de plus en plus les consommateurs. Mais savez-vous vraiment ce qu'ils sont et ce qui leur est reproché ? Petit guide pour s'y retrouver.

Les perturbateurs endocriniens, c'est quoi ?

Aussi surnommés "PE", les perturbateurs endocriniens sont, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) "des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants". L'eau et l'alimentation sont les principales sources d'exposition aux perturbateurs endocriniens, même si ces substances peuvent se retrouver un peu partout, que ce soit dans les cosmétiques, les produits ménagers, le plastique ou encore les pesticides...

La liste de ces perturbateurs endocriniens est longue et composée de noms barbares, difficiles à retenir pour les consommateurs. Mais certains sont plus connus que d'autres. C'est notamment le cas des phtalates, du chlordécone, du diéthylstilbestrol et du benzopyrène. Les "PE" peuvent agir de différentes façons, notamment en imitant l'action de certaines hormones naturelles, en se fixant sur les récepteurs hormonaux ou encore en gênant, voir bloquant le mécanisme de production et de régulation des hormones au sein de l'organisme.

Quelles sont les conséquences sur votre santé ?

Plusieurs études pointent du doigt des liens de cause à effet entre les perturbateurs endocriniens et plusieurs problèmes sur la santé. Une baisse de la libido et de la fertilité, des problèmes de prise de poids, mais aussi des risques de cancer accru. Le diéthylstilbestrol, très prescrit dans les années 1950 et 1960 aux femmes enceintes pour éviter les fausses-couches, serait responsable d'une recrudescence des cancers du sein, du vagin et de l'utérus chez les mères et les filles traitées.

De son côté, l'insecticide chlordécone serait potentiellement lié à des problèmes de cancer de la prostate, tandis que les phtalates, présents dans tous les articles en PVC, auraient un rôle dans la survenue de cancers du foie ou des testicules. À l'heure actuelle, toutefois, rien n'est avéré. Si les suspicions à l'encontre des perturbateurs endocriniens sont particulièrement élevées, elles sont difficiles à prouver à cause d'un manque de données disponibles, qui pourraient permettre une analyse poussée de leurs effets sur la santé humaine. Il en va de même au sujet de leur impact sur l'environnement, puisque les plantes peuvent également être touchées.

Sous haute surveillance

En France comme partout dans le monde, l'évaluation des risques liés aux perturbateurs endocriniens est devenue une priorité, ciblée par différents programmes, et notamment par le Programme National de Recherche sur les Perturbateurs Endocriniens (PNRPE), qui a été lancé en 2005 par le ministère de l'écologie et du développement durable. L'objectif : déterminer de façon concrète les risques liés à ces "PE", et surtout, trouver des solutions pour protéger les consommateurs si les risques sont avérés.

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