Masque anti-pollution : est-ce vraiment efficace ?

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Les cyclistes sont de grands utilisateurs de masques anti-pollution.
Les cyclistes sont de grands utilisateurs de masques anti-pollution.
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© iStock, LeoPatrizi

Depuis quelques années, les masques anti-pollution sont de plus en plus utilisés, notamment dans les grandes villes des pays en voie de développement et, chez nous, par les cyclistes. C'est pourquoi des scientifiques se sont penchés sur leur efficacité.

En janvier 2019, l'Organisation Mondiale de la Santé livrait sa liste des dix plus grandes menaces pour la santé humaine. La pollution atmosphérique était l'une d'entre elles puisqu'il est estimé qu'elle provoque chaque année environ 7 millions de morts. Des décès qui surviennent surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, ces mêmes pays où les citoyens tentent souvent de limiter leur exposition à l'air pollué en portant des masques, ce qui, malheureusement, ne changerait pas grand-chose.

Les conclusions de l'ANSES

En effet, fin 2015, les ministères de la Santé et du Travail avaient saisi l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) pour évaluer l'efficacité de ces masques, et c'est en juillet 2018 que l'organisme a livré son rapport, indiquant : "L'expertise a révélé l'insuffisance de données disponibles attestant d'un bénéfice pour la santé." Ce que l'agence met surtout en avant c'est que "l'efficacité d'un masque dépend de sa conception" et surtout de "son adaptation à la morphologie de l'utilisateur". Et de préciser : "Si l'efficacité d'un masque testé en laboratoire peut s'avérer élevée, elle ne reflète pas pour autant l'efficacité en conditions réelles d'utilisation par la population en général." Car, contrairement à certains milieux professionnels où les travailleurs sont formés à porter ce type de masque, le grand public ne portera pas forcément son masque anti-pollution de la bonne manière (un mauvais ajustement au visage peut le rendre inefficace, tout comme... une barbe) ou ne l'entretiendra pas comme il faut.

L'ANSES souligne également que la plupart des masques vendus en France "sont conçus pour protéger des particules présentes dans l'air ambiant et ne protègent pas contre les substances présentes à l'état gazeux", comme le dioxyde de souffre et d'azote qu'on retrouve dans la pollution atmosphérique. D'autre part, le port d'un masque pourrait même conduire "à une surexposition aux polluants dans l'air" de certaines personnes se pensant - à tort - totalement protégées. C'est pourquoi l'ANSES a conclu son rapport en déclarant : "L'Agence ne recommande pas aux pouvoirs publics d'encourager le port de tels dispositifs."

Des masques sont-ils plus efficaces que d'autres ?

Si vous tenez tout de même à limiter votre absorption de particules fines, sachez que les foulards et autres bandanas, les laissent passer et ne filtrent que les les grosses poussières et le pollen. Les masques de chirurgien sont tout aussi inefficaces et ne filtrent que les bactéries et les virus.

Quant aux masques anti-pollution, ils ont plusieurs niveaux de protection : FFP1, FFP2 et FFP3. Le mieux est d'opter pour le troisième qui - si utilisé correctement - filtre 98% des particules fines, mais, comme annoncé plus haut, ne peut rien contre les gaz. Seul le masque militaire est réellement efficace mais très peu adapté à la vie quotidienne.

En octobre 2018, à LCI, le co-président de l'association Respire, Olivier Blond, donnait des alternatives aux masques comme "recalculer son itinéraire et optimiser son trajet". Et d'assurer : "Entre un carrefour très embouteillé et ses rues avoisinantes, il peut y avoir une différence d'exposition à la pollution de 50%."

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