Maladie rénale chronique : comment la dépister ?

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L'insuffisance rénale chronique ne provoque des symptômes significatifs qu'à un stade avancé.
L'insuffisance rénale chronique ne provoque des symptômes significatifs qu'à un stade avancé.
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Émilie Nougué

La maladie rénale chronique (MRC) ou insuffisance rénale chronique (IRC) concernait en 2016 5,7 millions de personnes en France, avec une progression de 2% par an selon le site de l'Assurance maladie. Comment s'effectue son dépistage ?

L'insuffisance rénale désigne une diminution plus ou moins importante des fonctions des reins. Ceux-ci ne parviennent plus à filtrer correctement le sang, c'est-à-dire à lui en retirer les déchets et à faire en sorte que ceux-ci soit éjectés de l'organisme sous forme d'urine. On distingue l'insuffisance rénale aiguë, temporaire et réversible (due à une hémorragie, des calculs ou encore une intoxication médicamenteuse) de l'insuffisance rénale chronique. Celle-ci concerne les deux reins, reste longtemps silencieuse, évolue progressivement de façon plus ou moins lente et est irréversible. Le stade ultime de la maladie est l'insuffisance rénale chronique terminale, qui nécessite des dialyses ou une greffe d'organe.

Le dépistage pour les personnes à risque

Certaines personnes ont plus de risques de développer une maladie rénale chronique que les autres : celles qui sont atteintes de diabète, d'insuffisance cardiaque, d'obésité, d'une maladie cardiovasculaire ou auto-immune, celles qui ont pris de façon prolongée des médicament toxiques pour les reins, celles qui ont des antécédents familiaux ou ont déjà connu des maladies urologiques comme des calculs rénaux obstructifs et des pyélonéphrites... Pour ces personnes, il est recommandé d'effectuer un dépistage une fois par an par son médecin traitant. Celui-ci consiste en :

- un test par bandelette urinaire afin de rechercher des traces de sang dans les urines (hématurie) ainsi que la présence de protéines ou d'albumine (protéinurie),

- une prise de sang pour déceler le taux de créatinine, une substance normalement éliminée par les reins mais qui s'accumule lorsque ces organes sont défectueux.

Il est par ailleurs nécessaire de contrôler l'hypertension artérielle et le diabète, qui sont responsables de près d'un cas sur deux d'insuffisance rénale chronique. Si le médecin suspecte cette maladie, d'autres tests doivent être réalisés dans les 3 mois. Une fois le diagnostic posé, c'est un néphrologue qui recherchera la cause de la MRC, évaluera son importance et ses répercussions sur l'organisme.

Et pour les autres ?

Les personnes qui ne présentent aucun facteur de risque peuvent également être touchées par cette maladie. Mais comme il n'y a pas de symptômes spécifiques (il est possible d'avoir l'air en bonne santé avec des reins ne fonctionnant qu'à 15% de leur capacité), le diagnostic est souvent posé à un stade très avancé de l'insuffisance rénale ou à la suite d'un bilan sanguin réalisé pour une autre raison. Voici toutefois quelques signes à surveiller, mais qui ne sont pas caractéristiques : une pâleur pouvant signifier une anémie, un amaigrissement, des troubles digestifs (nausées, perte d'appétit), des oedèmes des mains ou des chevilles, des crampes musculaires la nuit, des troubles du sommeil, des douleurs lombaires... En cas de doute, consultez sans plus tarder votre médecin. Il effectuera un dépistage si besoin.

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