Les femmes sont-elles aussi bien soignées que les hommes ?

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Les femmes ne réagissent pas toujours de la même manière que les hommes face aux maladies.
Les femmes ne réagissent pas toujours de la même manière que les hommes face aux maladies.
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© Adobe Stock, Kzenon

La communauté scientifique a tardé à s'intéresser à ce sujet, considérant que les hommes et les femmes tombaient malades de la même manière et devaient donc être soignés de la même façon. Pourtant, question santé, les divergences entre les sexes sont légion. Et à l'heure actuelle, la médecine est plutôt pensée pour les hommes.

Des différences génétiques à prendre en compte

Les hommes et les femmes sont génétiquement différents. Mais saviez-vous que cette différence influait sur leur sensibilité aux maladies ? En mars 2017, Claudine Junien, professeure de génétique, expliquait au Figaro que les hommes étaient "moins sensibles aux maladies auto-immunes (maladies thyroïdiennes, sclérose en plaques, lupus, etc.) grâce à leur chromosome Y". À l'inverse, "des gènes suppresseurs de tumeurs en double exemplaire sur le chromosome X épargneraient aux femmes certains cancers". Par ailleurs, pour une même maladie, les symptômes peuvent se manifester différemment chez la femme et chez l'homme. Certains médicaments sont également plus ou moins efficaces en fonction du sexe. La professeure estime donc que les différences biologiques doivent être prises en compte dès la formation des médecins et le stade de la recherche.

Des traitements souvent inadaptés aux femmes

En recherche biomédicale, la parité est peu respectée. Ainsi, en 2014, des chercheurs de l'université Northwestern, à Chicago, avaient souligné que 80% des publications scientifiques portant sur des animaux et indiquant leur sexe n'incluaient que des mâles. Parmi les raisons évoquées pour expliquer ce manque de représentation des femelles : leurs cycles hormonaux, qui pourraient affecter les résultats des expériences. Certains scientifiques partent donc du présupposé qu'un traitement fonctionnant sur des mâles fera de même sur des femelles, or ce n'est pas toujours le cas. Et c'est comme cela que se retrouvent sur le marché des médicaments moins efficaces pour les femmes que pour les hommes, tandis qu'à l'inverse, des traitements qui auraient pu être efficaces sur des animaux femelles et donc sur des femmes, mais qui n'ont été testés que sur des mâles, ont pu passer à la trappe. Par ailleurs, d'après une étude américaine parue en 2001, les femmes souffrent près de deux fois plus des effets secondaires des médicaments que les hommes puisque les traitements ne sont pas pensés pour elles.

Les maladies cardiovasculaires moins prises en charge

Les femmes souffrent également, encore aujourd'hui, de préjugés de médecins concernant leur mode de vie. Mais la société a évolué, elles sont elles aussi concernées par le tabagisme ou le stress professionnel, et donc de plus en plus sujettes aux maladies engendrées par ces facteurs. Aujourd'hui, 40% des personnes atteintes de BPCO (une maladie respiratoire) sont des femmes, soit deux fois plus qu'il y a 20 ans. Certains médecins tarderont toutefois à poser le diagnostic, présupposant que la BPCO est une "maladie d'hommes".

Concernant les maladies cardiovasculaires, les femmes sont "prises en charge plus tardivement et décèdent dans 55% des cas contre 43% pour les hommes", indiquait la cardiologue Claire Mounier-Vehier à L'Obs en juin 2017. Des chiffres qui s'expliquent par le fait que leurs signes avant-coureurs diffèrent de ceux des hommes, et que les médecins sont "mieux formés à la cardio masculine".

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