Les dangers de l'autodiagnostic

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© iStock, STEEX
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Se renseigner sur Internet au moindre problème de santé est devenu un réflexe pour beaucoup de Français. Cette pratique, qui inquiète les médecins car elle conduit à l'autodiagnostic, peut s'avérer dangereuse pour la santé. Voici pourquoi vous devez toujours demander l'avis d'un professionnel de santé.

Une étude récente menée sur 300 soignants révèle que 83% d'entre eux ont déjà eu affaire à des patients qui s'étaient auto-diagnostiqués avant la consultation. Le canal privilégié reste Internet et son moteur de recherche numéro 1 : Google. Problème, dans 85% des cas, leur diagnostic n'était pas le bon. Cette mauvaise habitude n'est pas sans risque pour la santé car elle conduit souvent à l'automédication, c'est-à-dire choisir et utiliser un médicament pour une affection ou un symptôme qu'on a soi-même identifié. Dans un communiqué publié en 2007, l'Académie nationale de médecine alertait déjà sur les dangers de l'autodiagnostic et de l'automédication.

Le retard de diagnostic

Se faire son propre diagnostic, c'est prendre le risque de ne pas viser juste et de passer à côté du bon diagnostic. Résultat, l'identification de la cause réelle de vos symptômes est retardée. En plus de cela, vous traitez un symptôme via l'automédication sans traiter l'origine de votre problème de santé. Or quand on ne traite pas un problème à la source, celui-ci peut s'aggraver.

Le mésusage d'un médicament

L'autre danger lié à l'autodiagnostic et l'automédication est le mésusage d'un médicament. Quand un médicament vous ait prescrit par un médecin ou vendu par un pharmacien, vous bénéficiez de conseils sur sa posologie, ses effets secondaires, ses contre-indications, les risques liés à son association avec un autre médicament... Mais quand vous décidez vous-même de prendre tel ou tel traitement sans l'avis d'un professionnel de santé, vous décidez aussi de sa posologie, de la durée du traitement, de la prise d'autres médicaments en complément. Le danger est de ne pas prendre correctement le médicament, d'autant plus qu'un patient sur deux ne lit pas les notices quand il s'automédique. Le premier danger est l'intoxication. La preuve avec les nombreux cas d'intoxication à cause d'une surdose de paracétamol. On se souvient du décès de Naomi Musenga, le 29 décembre 2017, à l'âge de 22 ans : plusieurs de ses organes s'étaient arrêtés de fonctionner car elle avait pris trop de paracétamol.

Outre l'intoxication, le mésusage d'un médicament peut nuire de façon durable à l'efficacité du traitement. Une prise d'antibiotiques à des doses insuffisantes et non adaptés à l'infection du patient l'expose à un risque d'antibiorésistance. Enfin, la consommation répétée d'antihistaminiques, d'antalgiques ou de somnifères peut rendre le patient dépendant.

La prise de médicaments contrefaits

Sur Internet, il est désormais facile de s'acheter des médicaments qui ne sont pas commercialisés en France ou pour lesquels vous n'avez pas de prescription médicale. En achetant un médicament en ligne, vous prenez le risque de tomber sur un produit contrefait. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que la moitié des médicaments qui circulent sur Internet sont contrefaits. Ces médicaments n'étant pas soumis à des contrôles sanitaires, les risques sont multiples :

• Vous ne vous soignez pas, certains médicaments contrefaits étant complètement inefficaces.

• Vous risquez une intoxication car ces médicaments peuvent contenir des substances toxiques.

• Vous pouvez souffrir d'effets secondaires indésirables car certains de ces médicaments contrefaits présentent un rapport bénéfice/risque défavorable.

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