L'hyperphagie : quand les émotions font manger jusqu'à saturation

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L'hyperphagie se traduit par une consommation alimentaire excessive.
L'hyperphagie se traduit par une consommation alimentaire excessive.
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© Adobe Stock, Astarot

L'anorexie et la boulimie sont les plus connus des troubles alimentaires. Mais il en existe d'autres à l'instar de l'hyperphagie, qui désigne une ingestion de quantités de nourriture bien supérieures à ce que l'organisme peut dépenser. Zoom sur cette pathologie dont les pulsions sont souvent en lien avec les émotions.

L'hyperphagie, qu'est-ce que c'est ?

L'hyperphagie, également appelée hyperplasie boulimique ou polyphagie, se traduit par une tendance à la surconsommation alimentaire, sans que cela soit nécessaire sur les plans énergétique et métabolique. La personne atteinte connaît des crises lors desquelles elle absorbe une grande quantité de nourriture, sans recours à des comportements compensatoires pour éliminer les calories ingérées, comme le fait de se faire vomir. Ce surplus d'alimentation, qui peut aussi bien se produire lors des repas qu'en dehors, finit par conduire à un surpoids, voire une obésité. Les personnes souffrant d'hyperphagie en parlent peu car elles ont honte de leur comportement. Se mêlent aussi le sentiment de dégoût, la culpabilité, des symptômes de la dépression...

Quels sont les risques de l'hyperphagie pour la santé ?

L'hyperphagie débute souvent au-delà de 20 ans, mais peut survenir bien avant. Ce trouble du comportement alimentaire (TCA) concernerait entre 3 et 5% de la population, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), et légèrement plus les femmes que les hommes. S'il est moins connu que d'autres TCA, c'est notamment parce que beaucoup de personnes hyperphagiques ne présentent pas une pathologie lourde. "J'ai encore trop mangé", se disent-elles à la fin chaque repas, le ventre bien tendu, après avoir consommé beaucoup de nourriture sans sensation de faim. Pourtant, à terme, les conséquences sur la santé sont bien là. Outre la prise de poids, la personne atteinte met à mal son foie et son intestin, ce qui peut entraîner des maux et maladies : syndrome du côlon irritable, fatigue chronique, dérèglements endocriniens, maladie de Crohn, diabète de type II, hypertension artérielle... L'hyperphagie peut aussi causer un isolement social, la personne préférant manger seule puisqu'elle se sent coupable.

Comment sortir de l'hyperphagie ?

Comme pour la boulimie vomitive et l'anorexie, ce sont bien souvent les émotions qui engendrent les crises. En travaillant sur elle-même et en demandant de l'aide, notamment à un psychologue, l'hyperphagique pourra trouver l'élément déclencheur de son trouble. Absence de confiance en soi, ennui, vide créé par la perte d'un proche, peur de se séparer, de s'affirmer, de grandir ou encore d'agir... manger peut combler de nombreuses choses et les images de l'hyperphagie sont multiples. C'est pourquoi la personne concernée ne doit pas hésiter à consulter plusieurs professionnels et à tester plusieurs thérapies, jusqu'à trouver la source de son problème.

Généralement, les thérapies cognitivo-comportementales, individuelles et en groupe, ont de bons résultats pour aider à surmonter les difficultés et les complexes autrement qu'en mangeant. Il existe aussi des associations dédiées au TCA, dont les Outremangeurs Anonymes.

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