Kératocône : zoom sur cette maladie de l'oeil très méconnue

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Le kératocône n'est pas contagieux et affecte les deux yeux de manière différente et progressive.
Le kératocône n'est pas contagieux et affecte les deux yeux de manière différente et progressive.
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© Adobe Stock, Emiliano

Particulièrement exposé et fragile, l'oeil est probablement la partie de notre corps la plus sujette à développer des maladies ou des infections plus ou moins graves. Si le glaucome, l'orgelet, la DMLA ou encore le mélanome oculaire font partie des affections connues du grand public, il existe pourtant une maladie très rare : le kératocône.

Particulièrement méconnu, le kératocône toucherait environ une personne sur 2000 selon certaines études incertaines. Très peu médiatisée et très peu évoquée dans les livres, cette pathologie oculaire affecte plus ou moins gravement la vision et peut compliquer les conditions de vie du patient si elle n'est pas détectée et prise en charge rapidement. Zoom sur cette maladie impressionnante bien qu'encore très mystérieuse.

Qu'est-ce que le kératocône ?

Issu des mots grecs "kerato" et "konos" qui signifient respectivement "cornée" et "cône", le kératocône est une maladie dégénérative de l'oeil qui provoque une déformation progressive de la cornée, membrane transparente qui recouvre l'iris et la pupille. Au lieu de conserver une forme arrondie comme c'est normalement le cas, cette pellicule protectrice s'amincie, perd sa sphéricité et prend peu à peu la forme impressionnante d'un cône. En général, la maladie se déclare à l'adolescence même si elle peut aussi se développer plus tard. Non contagieux, le kératocône affecte les deux yeux de manière différente et progressive. Bien qu'il soit connue depuis plus de 300 ans, il est considéré comme une maladie très rare et recèle encore de nombreux mystères pour la science, notamment concernant ses causes. À noter qu'il est aujourd'hui relativement bien soigné et n'entraîne pas la cécité complète du patient.

Quelles en sont les causes et les symptômes ?

Malgré de nombreuses recherches, les origines du kératocône restent un grand mystère. La plupart des études tendent à prouver que les causes de cette maladie sont en grande partie génétiques, bien qu'aucun gêne n'ait pu être formellement identifié à ce jour. D'autres facteurs semblent également entrer en jeu dans son développement, comme des facteurs environnementaux ou cellulaires. Certaines analyses médicales attestent que les hormones qui se développent au moment de l'adolescence pourraient également avoir une influence sur le déclenchement de la pathologie. Côté symptômes, le kératocône entraîne des troubles de la vision qui peuvent se révéler handicapants au quotidien. Brouillard, myopie, dédoublement des images ou encore éblouissement et irritations... Les manifestations peuvent être nombreuses et variées. À terme, le kératocône peut également provoquer une fatigue oculaire et de gros maux de têtes. Certaines activités comme la conduite, la lecture ou l'observation des écrans deviennent alors très désagréables.

Comment le soigner ?

Si le kératocône peut faire peur, sachez qu'il n'est pas forcément très grave. Il existe quatre stades cliniques : les stades infra-clinique et fruste n'induisent aucun impact sur la vision malgré la présence d'une légère déformation tandis que le stade avéré observe une certaine dégradation. La stade compliqué, quant à lui, exige une opération chirurgicale urgente consistant en une greffe de cornée. Dans les cas les plus légers, le port de lunettes est la solution la plus appropriée. Si ce n'est pas suffisant, des lentilles spécialement adaptés à la forme de l'oeil peuvent être prescrites pour atténuer ses irrégularités. Enfin, il est possible de subir un crosslinking du collagène cornéen. Cette intervention chirurgicale consiste à gratter la cornée et suivre un traitement à base de vitamine B2 et UV par la suite.

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