Horloge biologique : elle tourne aussi pour les hommes

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Les femmes ne sont pas les seules à voir leur fertilité diminuer avec l'âge.
Les femmes ne sont pas les seules à voir leur fertilité diminuer avec l'âge.
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© iStock, cometary

La rédaction

On parle beaucoup de l'horloge biologique des femmes mais moins de celle des hommes, et pourtant elle est tout aussi importante au moment de concevoir un enfant. Messieurs, vos chances de devenir père s'amenuisent aussi avec l'âge. Explications.

Horloge biologique : de quoi parle-t-on ?

Quand on évoque l'horloge biologique des femmes et des hommes, on se réfère à leur taux de fertilité en fonction de leur âge.

Pour une femme, les chances de concevoir un enfant sont liées à ses ovules. Toutes naissent avec un stock d'ovules prédéfini à la naissance. Durant chaque cycle menstruel, un ovule est libéré pour être fécondé ou non. Ce stock d'ovules diminue avec le temps. La ménopause, marquée par l'arrêt des règles, signifie que ce stock est épuisé et signe la fin de la période reproductive de la femme. Elle ne peut alors plus procréer. Elle survient vers l'âge de 50 ans. Mais déjà à partir de 30 ans, la fertilité de la femme commence à diminuer. En effet, à 25 ans, le risque de ne pas parvenir à avoir un enfant de façon naturelle est de 5 %, il passe à 10 % à 30 ans, 20 % à 35 ans et 50 % à 40 ans.

Pour un homme, les chances de concevoir un enfant sont liées à son sperme. Même si les hommes produisent des spermatozoïdes toute leur vie, leur qualité et leur quantité diminueraient avec l'âge. En revanche, contrairement aux femmes, il n'existe pas à ce jour de seuil précis officiel à partir duquel la fertilité masculine commence à diminuer. Mais plusieurs études se sont penchées sur la question pour déterminer un âge approximatif et ses conséquences sur la grossesse et l'enfant à naître.

Une baisse de la fertilité masculine après 40 ans

Une étude française publiée en 2006, indiquait que passés 40 ans, les hommes avaient moins de chances de concevoir que les hommes plus jeunes. Ces travaux menés sur des couples ayant eu recours à la fécondation in vitro (FIV) à cause de l'infertilité totale des femmes, avaient montré pour la première fois que l'âge paternel était un facteur déterminant dans le taux de réussite de la conception d'un enfant, tout comme l'âge maternel. Mais à la différence des femmes, la baisse de la fertilité masculine serait faible et stable dans le temps. Elle s'expliquerait par une diminution de la production de certaines hormones telles que la testostérone, la déhydroépiandrostérone (DHEA) et l'oestrogène. Cela aurait pour conséquence de réduire le nombre et la qualité des spermatozoïdes.

Âge du père et conséquences sur la grossesse et l'enfant à naître

En plus de diminuer les chances de concevoir, l'âge avancé du père aurait des conséquences sur la grossesse et la santé de l'enfant à naître, avance une étude publiée récemment dans la revue Maturitas. Les auteurs de ces travaux révèlent que l'âge avancé paternel augmente le risque de complications durant la grossesse telles que le diabète gestationnel, la pré-éclampsie (hypertension artérielle associée à la présence de protéines dans les urines), un accouchement prématuré ou encore un retard de croissance intra-utérin. Mais ce n'est pas tout. L'étude met également en avant un lien entre âge avancé du père et risque accru de malformations congénitales, de convulsions néonatales, d'autisme, de troubles psychiatriques et de cancers pédiatriques chez l'enfant.

L'existence prouvée d'une horloge biologique chez les hommes devraient inciter les professionnels de santé à informer leurs patients masculins sur leurs chances et les risques de concevoir un enfant passé un certain âge. Partant de ce constat, la congélation du sperme s'avère être une option intéressante dans l'éventualité d'une paternité tardive.

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