Fin de vie : comment donner des directives anticipées ?

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Seuls 13% des Français de plus de 50 ans ont rédigé des directives anticipées.
Seuls 13% des Français de plus de 50 ans ont rédigé des directives anticipées.
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© iStock, Pornpak Khunatorn
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Depuis dix ans, l'affaire Vincent Lambert met en relief l'importance des directives anticipées. Le patient, dans un état végétatif chronique depuis un accident de voiture survenu en 2008, n'ayant laissé aucune disposition écrite sur ses souhaits concernant sa fin de vie, sa famille se déchire autour de l'acharnement thérapeutique...

Selon un sondage commandé par le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie à l'institut BVA et rendu public le 20 mai 2019, seuls 13% des Français de plus de 50 ans ont rédigé des directives anticipées, soit 2% de plus qu'en 2018. Comment, alors, procéder pour faire savoir et appliquer ses dernières volontés médicales ?

Qui peut écrire ses directives anticipées ?

Toutes les personnes majeures peuvent les rédiger. "Pour les personnes bénéficiant d'un régime de protection légale, comme la mise sous tutelle, une autorisation doit être demandée au juge, ou le cas échéant, au conseil de famille", indique simplement le ministère de la Santé sur son site.

En revanche, "si la personne est dans l'impossibilité physique d'écrire ses directives anticipées, un tiers peut le faire à sa place" du moment que "deux témoins attestent par écrit, en précisant leurs noms et leurs qualités, que cette rédaction est l'expression de sa volonté libre et éclairée".

Y a-t-il un document spécifique ?

Il existe un document type à remplir pour faire part de ses directives anticipées. Vous pouvez le trouver sur le site du ministère de la Santé voire sur celui de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Mais il vous est aussi possible de les rédiger directement sur une feuille libre. Doivent y figurer la date du jour de la rédaction, vos noms et prénoms ainsi que votre date et lieu de naissance. Sans oublier votre signature.

Quels sont les autres éléments à faire figurer ?

Outre vos informations personnelles, trois éléments sont à prendre en compte et à faire figurer sur le document :

• En premier lieu le choix ou non d'être maintenu artificiellement en vie en cas de perte de conscience ou d'impossibilité de communiquer avec vos proches.

• Vous devez ensuite indiquer si vous acceptez ou non que soient entrepris une réanimation cardiaque et respiratoire, le branchement de votre corps sur un appareil à dialyse rénale voire une intervention chirurgicale... dont le seul objectif serait le maintien artificiel de la vie. Positionnez vous également sur l'arrêt ou le maintien de l'assistance respiratoire, de la dialyse rénale, de l'alimentation et de l'hydratation artificielles.

• Enfin, précisez si vous désirez ou non bénéficier d'une "sédation profonde et continue associée à un traitement de la douleur en cas d'arrêt des traitements qui (vous) maintiennent artificiellement en vie".

Où conserver ce document ?

Une fois rédigé, ne reste plus qu'à le ranger dans un lieu "facilement accessible". Vous pouvez le garder chez vous, le confier à un proche où le donner directement à votre médecin. Autre solution : faire figurer vos souhaits de fin de vie dans le Dossier médical partagé (DMP), un carnet de santé disponible sur Internet.

Dans tous les cas, sachez que les directives anticipées "ont une durée illimitée" selon le ministère de la Santé mais qu'il "est possible de les modifier totalement ou partiellement, voire de les annuler, à tout moment et sans formalité".

Notez enfin que le médecin doit appliquer vos dernières volontés, même si elles vont à l'encontre des avis de vos proches. Il peut toutefois refuser de les appliquer dans deux situations : "en cas d'urgence vitale, le temps d'évaluer la situation" et "lorsque qu'elles lui apparaissent inappropriées ou non conformes à la situation médicale".

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