Don de rein : mode d'emploi

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Plus de 76 500 personnes souffrent d'une insuffisance rénale terminale en France.
Plus de 76 500 personnes souffrent d'une insuffisance rénale terminale en France.
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© iStock, Shidlovski
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Le don de rein à partir d'un donneur vivant est une pratique encore trop peu connue. Pourtant, selon l'Agence de la biomédecine, plus de 76 500 personnes souffrent d'une insuffisance rénale terminale en France. Seuls 3 486 patients en attente d'un greffon rénal en 2015 ont pu bénéficier d'une greffe sur les 15 470 malades. Néanmoins, il est possible de donner son rein de son vivant. Explications !

Pourquoi la greffe de rein est importante ?

La greffe de rein, si elle est possible, améliore l'espérance et la qualité de vie du patient. Autrement, ces derniers sont mis sous dialyse, un traitement plus contraignant. Les patients sont contraints d'être présents trois jours par semaine en centre de dialyse, durant quatre heures à chaque fois. Si le Ministère des Solidarités et de la Santé indique que 92% des dons se font à partir d'une personne décédée, le Dr Dominique Bertrand-néphrologue au CHU de Rouen indique sur le site de l'Agence de biomédecine que "la récupération de la fonction rénale est plus rapide qu'avec une greffe d'un donneur décédé, ce qui permet de raccourcir la durée du séjour hospitalier dans la majorité des cas". En effet, donner l'un de ses reins à un proche permet de lui éviter la dialyse, et environ 3/4 des greffons prélevés sur un donneur vivant sont encore fonctionnels dix ans après la greffe.

Qui peut donner un rein de son vivant ?

En France, donner un organe de son vivant est régi par la loi bioéthique. Le prélèvement est gratuit et librement consenti. La liste des personnes qui peuvent donner un rein de leur vivant est limitée aux proches de la famille : le père ou la mère du receveur ainsi que, par dérogation, les enfants, le conjoint, les frères et soeurs, grands-parents, oncles et tantes, cousin(e)s germain(e)s ou toute personne faisant la preuve d'un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur. Toute personne majeure peut donner son rein.

Donner son rein : comment ça marche ?

Une fois que le donneur a rempli les conditions évoquées précédemment, l'Agence de biomédecine indique qu'il doit être "reçu par un comité appelé 'comité donneur vivant' composé de cinq membres nommés par arrêté ministériel : trois médecins, une personne qualifiée en sciences humaines et sociales et un psychologue". Aussi, le donneur doit "exprimer son consentement devant le président du tribunal de grande instance". Tout cela s'effectue quatre à six mois avant l'opération en plus d'un bilan médical. Puis arrive l'heure de l'opération. Lors de la première année après la greffe, le donneur aura des soins pour les cicatrices. Trois mois après la greffe, il assistera à une consultation de néphrologie avant d'en faire une seconde, un an après. Enfin, un bilan annuel aura lieu par la suite.

Quels risques pour le donneur ?

Le prélèvement de rein ne présente pas d'autres risques que celui lié à tout acte médico-chirurgical, ce qui concerne : l'anesthésie, l'opération chirurgicale et les suites opératoires immédiates ou lointaines. Un risque maîtrisé grâce au bilan de santé complet fait en amont. Aussi, la consultation d'anesthésie en amont de l'opération est une étape obligatoire afin de prendre toutes les précautions nécessaires.

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