Cancer du sein : quels sont les facteurs de risques héréditaires ?

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La ligue contre le cancer estime à 54 062 le nombre de femmes touchées, chaque année par le cancer du sein.
La ligue contre le cancer estime à 54 062 le nombre de femmes touchées, chaque année par le cancer du sein.
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© Adobe Stock, Vasyl

La ligue contre le cancer estime à 54 062 le nombre de femmes touchées chaque année par le cancer du sein. De son côté, l'Institut Curie, précise qu'en France, environ 120 000 femmes sont prédisposées au cancer du sein et/ou de l'ovaire. Quels sont les facteurs de risques héréditaires ?

Lorsque plusieurs membres d'une même famille sont atteintes du même cancer, "il peut s'agir d'un cancer héréditaire dû à une anomalie au niveau d'un gène (anomalie génétique) qui se transmet d'une génération à une autre", explique l'Institut nationale du cancer, qui précise que "20 à 30% des cancers du sein se manifestent chez des femmes ayant des antécédents familiaux de cancers dont des cancers du sein". Il arrive parfois que la science n'explique pas si cette disposition familiale est due au hasard, à un mode de vie commun entre tous les membres, à un facteur héréditaire transmis de génération en génération, ou bien à l'association de tous ces critères.

Les degrés d'hérédités

L'Institut national du cancer rapporte que les études montrent que "lorsque c'est une parente au premier degré (la mère, la soeur ou la fille) qui a déjà eu un cancer du sein, en particulier si le diagnostic a été posé à un âge jeune (avant 50 ans) avant la ménopause, le risque d'être atteint de ce type de cancer est environ deux fois plus élevé". Tandis que lorsque que l'on parle d'un parent au second degré "(comme une grand-mère, une tante ou une nièce, d'un côté ou l'autre de la famille) qui ont déjà été atteintes du cancer du sein, ce risque augmente légèrement".

Les gênes de prédisposition

L'Institut Curie explique qu'"à ce jour, deux gènes de prédisposition au cancer du sein ont été identifiés, nommés BRCA (pour breast cancer) 1 et BRCA2, respectivement situés sur les chromosomes 17 et 13. Quelque 60 000 femmes seraient porteuses de l'une de ces deux mutations génétiques". Ces gênes peuvent être aussi bien transmis par la mère et que par le père. Pour les professionnels du domaine, il est difficile d'identifier les patientes porteuses de ce gêne "certes, un nombre important de cas de cancers du sein dans la famille peut faire penser à un cancer de type héréditaire". Il est aussi important de noter que ce n'est pas parce que aucun membre de la famille n'a pas été touché que personne n'est atteint de la mutation, ce qui peut arriver si le gêne a été transmis par le père.

Du côté médical

"Le travail des oncogénéticiens et des conseillers en génétique consiste à déterminer s'il s'agit vraiment d'une famille à risque de présenter une prédisposition aux cancers du sein ou de l'ovaire", explique l'Institut Curie. Pour cela, ils s'attachent à reconstituer l'arbre généalogique de la famille ainsi que les antécédents médicaux. Si la suspicion se confirme, un test fait à partir d'une prise de sang est proposé à la personne. Lorsqu'une altération est identifiée à partir de la prise de sang, des tests génétiques ciblés peuvent ensuite être proposés à la famille, pour but de déterminer s'ils sont porteur de la mutation. Seulement huit fois sur dix le test est négatif, bien que cela n'indique pas qu'il n'y a pas de prédispositions. "Soit les techniques utilisées à ce jour ne sont pas assez sensibles, soit le gène impliqué n'a pas encore été identifié, et ce très certainement du fait de sa faible occurrence. Seule la recherche permettra de combler ces lacunes et optimisera la prise en charge de la patiente et de ses apparentées", explique Dominique Stoppa-Lyonnet, médecin généticienne.

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