Cancer de la prostate : pourquoi il est important de briser le tabou

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Chez les hommes, le cancer de la prostate reste un sujet tabou.
Chez les hommes, le cancer de la prostate reste un sujet tabou.
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© Adobe Stock, Pissanu

Après Octobre Rose qui sensibilisait au cancer du sein, Movember, en novembre, s'attache à mieux faire connaître les cancers masculins. Parmi eux, le cancer de la prostate qui, avec plus de 50 000 nouveaux cas par an, représente le cancer le plus fréquent chez l'homme en France devant le cancer du poumon. Une maladie qui reste taboue malgré les efforts du mouvement Movember et d'autres associations. Pourtant, en parler plus souvent pourrait sauver des vies. Explications.

La prostate, symbole de vulnérabilité chez l'homme

Si les femmes n'ont pas vraiment de problème à parler des cancers du sein et de l'utérus, les hommes s'avèrent bien plus frileux en ce qui concerne les cancers des testicules et de la prostate. La prostate, en particulier, est souvent considérée par l'homme comme un symbole de sa virilité, de son tonus sexuel et de sa bonne santé en général. Se découvrir une maladie au niveau de cette glande de l'appareil génital masculin renvoie immédiatement à une perspective d'impuissance, à une vulnérabilité pouvant être sujette à des moqueries. Résultat, les hommes ont tendance à fuir cet éventuel problème au lieu de l'affronter le plus rapidement possible. Il reste difficile pour eux d'en parler auprès de leurs proches mais aussi auprès de leur médecin, et donc d'être correctement informés.

Un cancer de moins en moins mortel

S'il est le cancer le plus fréquent chez les hommes en France, le cancer de la prostate est devancé par le cancer du poumon en terme de décès. Et chaque année, le taux de mortalité diminue. Un progrès qui est dû à l'amélioration des traitements mais aussi à l'augmentation des dépistages. Comme pour d'autres cancers en effet, plus tôt le cancer de la prostate est détecté et plus vite il peut être guéri. Mais ce n'est pas tout, une détection précoce permet aussi de ne pas avoir recours à la prostatectomie (ablation totale de cette glande sexuelle), et donc d'éviter de nombreux effets secondaires en résultant (troubles de l'érection, incontinence urinaire...). C'est pourquoi il est important de parler de tout problème à son médecin traitant, qui renverra le patient chez un urologue si besoin.

Se renseigner sur le dépistage du cancer de la prostate

À l'heure actuelle, il n'existe pas de programme de dépistage en France chez les hommes sans symptômes, comme dans le cas du cancer du sein chez les femmes (via la mammographie). Le dépistage du cancer de la prostate se fait uniquement à l'initiative du patient ou à celle de son médecin. La raison ? "Les résultats médicaux peuvent être faussement normaux et vous rassurer à tort", ou bien "détecter un cancer de la prostate qui aurait évolué lentement (10 à 15 ans en moyenne avant que n'apparaissent les symptômes) et dont les soins n'auraient pas été nécessaires", explique Ameli.fr. Néanmoins, il peut aussi permettre de détecter le cancer à un stade précoce, avant l'apparition de symptômes. Le dépistage du cancer de la prostate s'effectue soit via un toucher rectal, soit via une prise de sang permettant de mesurer le taux de PSA (antigène prostatique spécifique) dans le sang.

Le choix de se faire dépister ou non est donc une décision personnelle qui doit être mûrement réfléchie. Mais pour être sûr de faire le bon choix, il est important de ne pas faire comme si cette maladie n'existait pas, de se documenter et d'en parler avec un professionnel !

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