Bientôt un carnet de vaccination invisible sous la peau ?

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Ce nouveau procédé permet d'inscrire sur la peau du patient la preuve du vaccin.
Ce nouveau procédé permet d'inscrire sur la peau du patient la preuve du vaccin.
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© iStock, Pornpak Khunatorn

Des chercheurs du célèbre Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont mis au point des nanoparticules injectables sous la peau permettant de confirmer qu'une personne a bien été vaccinée. Comment ça marche ? A qui s'adresse ce carnet de vaccination futuriste ? Quelles sont ses limites ? Explications.

Il s'agit de nanoparticules qui s'injectent sous la peau via un patch composé de plusieurs micro-aiguilles d'une longueur de 1,5 millimètre. Une fois sous la peau, ces nanoparticules sont invisibles à l'oeil nu mais deviennent fluorescentes au passage d'un smartphone spécial, capable de les détecter. En effet, les micro-aiguilles du patch ont laissé sous la peau des petits points dessinant un cercle ou une croix attestant de la vaccination, et ces formes deviennent fluorescentes grâce au spectre lumineux (invisible à l'oeil nu) émis par le téléphone. L'objectif de ce dispositif est de permettre à un médecin de vérifier, des années plus tard, si son patient a été vacciné contre telle ou telle maladie simplement en passant un smartphone sur sa peau.

Que contiennent ces nanoparticules injectables ?

À l'heure où les craintes sur la possible toxicité des adjuvants contenus dans les vaccins se multiplient, il est normal de s'interroger sur la composition de ces nanoparticules injectables. Les ingénieurs à l'origine de cette nouvelle invention assurent que les composants utilisés sont sans danger pour l'organisme, stables (ils ne migrent pas en dehors de la zone d'injection) et restent plusieurs années sous la peau. Ces injections contiennent des nanocristaux à base de cuivre, aussi appelés boîtes quantiques, de 3,7 nanomètres de diamètre. Ces nanocristaux sont encapsulés dans des microparticules de 16 micromètres. Pour vous donner une idée de la taille, 1 micromètre équivaut à un millionième de mètre et 1 nanomètre correspond à un milliardième de mètre. Les nanoparticules sont donc des particules microscopiques.

Pour qui ?

Les ingénieurs du MIT ont imaginé ce système innovant pour les pays en développement dans lesquels les carnets de santé et les cartes de vaccination ne sont pas toujours bien complétés, voire mal renseignés, et qui n'utilisent pas encore les dossiers médicaux électroniques. Grâce à cette preuve de vaccination sous-cutanée, pas besoin de papier ou de système informatique pour stocker les informations du patient.

Un système qui a ses limites

Pour l'instant, ce carnet de vaccination sous la peau n'a été testé que sur des rats mais la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a financé ces travaux, souhaiterait le tester sur des groupes de population en Afrique durant les deux prochaines années. Pour l'heure, cette invention, bien que brillante, présente certaines limites. Premièrement le côté invasif du dispositif : pas sûr que les gens acceptent de recevoir plusieurs marquages sous leur peau, et ce, à chaque vaccin. Deuxièmement, l'évolution des nanoparticules dans le temps : la question se pose de savoir ce que deviennent ces nanoparticules chez les enfants dont le corps continue de grandir.

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