Alzheimer : est-ce une maladie héréditaire ?

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Plus de 220 000 personnes sont diagnostiquées en France chaque année.
Plus de 220 000 personnes sont diagnostiquées en France chaque année.
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© iStock, vadimguzhva

Fabien Gallet

À l'occasion de la Journée mondiale qui lui est dédiée chaque année le 21 septembre, zoom sur Alzheimer, une maladie qui reste encore mal connue et qui fait souvent les frais d'informations erronées.

Chaque année, ce sont plus de 220 000 personnes qui sont diagnostiquées en France. Des chiffres toujours en hausse qui pourraient porter le nombre de malades à 1 275 000 en 2020 et plus de 2 millions en 2040 selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Aussi, une question trotte dans la tête de bien des Français : cette maladie est-elle héréditaire ?

Alzheimer : une maladie dégénérative

Elle touche généralement les personnes âgées, et, statistiquement, plus les femmes que les hommes. Comme l'explique l'Inserm sur son site, elle "se manifeste d'abord par des pertes de mémoire, suivies au cours des années par des troubles cognitifs plus généraux et handicapants", telles que l'aphasie (trouble du langage oral) ou l'apraxie (trouble du mouvement). Jusqu'à la potentielle perte totale d'autonomie.

À quoi est-elle due ?

La maladie d'Alzheimer naît de l'accumulation de substances chimiques anormales dans le cerveau, des protéines, lesquelles attaquent progressivement les capacités intellectuelles et la mémoire. Plus précisément, le cerveau des malades comporte deux types de lésions : "les dépôts amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires", précise l'Inserm. Leur accumulation peut dépendre de "différents facteurs".

Des facteurs variés en cause

Parmi ces facteurs, on trouve d'abord l'âge : seulement 2% des malades ont moins de 65 ans et 15% de la population de plus de 80 ans souffrent de la maladie d'Alzheimer. "Des facteurs de risque cardiovasculaires (diabète, hypertension, hyperlipidémie) non pris en charge à l'âge moyen de la vie" peuvent également jouer selon l'Inserm qui avance aussi la sédentarité et l'environnement comme autres facteurs de risque, tout comme les microtraumatismes crâniens ou les anesthésies répétées.

Une forme héréditaire qui reste rare

"Souvent les gens sont inquiets car ils ont un parent qui a la maladie d'Alzheimer. Mais il faut rappeler que dans la majorité des cas, la pathologie n'est pas héréditaire", assurait le Pr Yves Agid, neurologue et membre fondateur de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière, lors d'un Facebook Live organisé par Le Figaro en 2018. En outre, selon l'Insern, "les formes héréditaires de la maladie d'Alzheimer représentent 1,5% à 2% des cas". Un faible pourcentage donc.

À noter que pour ces patients, la maladie se déclare bien plus tôt que dans la majeure partie des cas : autour de 45 ans. "Trois mutations sont à l'origine de la quasi-totalité des cas héréditaires de la maladie : une sur le chromosome 21 (25% des cas), une sur le chromosome 14 (70% des cas) et une sur le chromosome 1 (2,5%)", précisait au Figaro le Pr Yves Agid.

Un facteur de risque génétique

En revanche, le risque génétique existe bel et bien. Ainsi que l'explique l'Inserm, "le risque de développer la maladie est en moyenne multiplié par 1,5 si un parent du premier degré est touché, et par 2 si au moins deux le sont".

Aussi est-il important de ne pas négliger les signes avant-coureurs et de consulter un spécialiste. D'autant plus qu'à l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement curatif pour cette maladie neurodégénérative.

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