Allons-nous vers une pénurie de médicaments ?

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Un Français sur quatre est concerné par la pénurie de médicaments.
Un Français sur quatre est concerné par la pénurie de médicaments.
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© Adobe Stock, sebra
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Un cachet contre le mal de tête, un contre les maux d'estomac, un vaccin contre la grippe, sans oublier tous les traitements pour les différentes maladies : de nos jours, tous les Français, ou presque, consomment régulièrement des médicaments. Pourtant, il devient de plus en plus difficile de se procurer certains cachets. Une pénurie qui inquiète.

Le mot pénurie a de quoi inquiéter, mais c'est malheureusement bien celui qui s'applique lorsque l'on évoque la situation médicamenteuse en France. Depuis déjà 10 ans, de plus en plus de médicaments sont en rupture de stock, et les personnes qui en ont besoin se retrouvent en danger. Car au-delà du confort que peuvent apporter certains anti-douleurs, bien des pilules sont absolument vitales pour les patients qui les consomment.

Des médicaments plus concernés que d'autres

Que le grand public se rassure : cette pénurie ne concerne pas tous les médicaments. Certains sont beaucoup plus touchés que d'autres. En 2018, l'Ordre des pharmaciens dénonçait une rupture d'approvisionnement pour 431 médicament, dont 14 vaccins. Pour rappel, un médicament est considéré en rupture d'approvisionnement lorsqu'une pharmacie est "dans l'incapacité de le dispenser dans un délai de 72 heures."

Parmi les cachets en rupture de stock, les patients et pharmaciens listent plusieurs traitements de la maladie de Parkinson - Sinemet, Mantadix... - mais aussi des anticancéreux tels que l'Immucyst, l'Aracytine, le Fluorouracile ou encore l'Hexastat. Du côté des vaccins, les plus touchés concernent la polio, la diphtérie, le tétanos, le méningocoque ou encore la tuberculose. La liste est cependant longue et elle ne s'arrête pas là, puisqu'elle contient aussi plusieurs antibiotiques, antiépileptiques et anesthésiants.

De graves conséquences sur la santé

Au cours des dernières années, selon les chiffres avancés par France Assos Santé, un Français sur quatre s'est déjà vu refuser la délivrance d'un traitement pour cause de pénurie. La situation est grave, car elle a un véritable impact sur la santé et sur la qualité de vie des personnes concernées. 45% d'entre elles ont été contraintes de reporter leur traitement, de changer de médicament, voire même d'y renoncer totalement, ce qui peut avoir d'importantes conséquences. Les professionnels de la santé pointent notamment du doigt des risques d'augmentation des symptômes, mais aussi des erreurs dans la prise ou le dosage des cachets de substitution, ou encore une recrudescence des hospitalisations.

À quoi est due cette pénurie ?

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) estime que le problème de pénurie est avant tout lié à la production. Sur son site internet, elle pointe du doigt différentes causes : retard de fabrication, incident de production, capacité de production insuffisante... Mais aussi une "mondialisation de la fabrication et de la demande", qui engendre des délocalisations. Résultat : la production est concentrée sur certains sites, et risque de s'arrêter au moindre problème, au moindre incident...

Pour tenter d'améliorer les choses, l'Ordre des pharmaciens a mis en place une plateforme d'alerte pour permettre aux pharmacies de signaler au plus vite les ruptures, et appelle les patients à ne pas acheter de médicaments sur des sites non-homologués, sous peine de consommer des contrefaçons. Si l'un de vos traitements n'est plus disponible, consultez votre médecin pour essayer d'obtenir un traitement alternatif.

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