Accouchement à domicile : pourquoi est-il devenu si populaire ?

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En France, 1% des accouchements se font à domicile.
En France, 1% des accouchements se font à domicile.
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© Adobe Stock, mninni

Émilie Nougué

Accoucher chez soi avec l'aide d'une sage-femme ? Si la pratique reste marginale en France, elle est en constante progression. Pourquoi certaines femmes préfèrent accoucher à domicile plutôt qu'à l'hôpital ?

Des conditions très strictes

En France, 1% des couples seulement optent pour l'accouchement assisté à domicile (AAD). La pratique n'est autorisée que sous certaines conditions. Il ne faut attendre qu'un seul enfant et vivre une grossesse sans difficultés particulières, soit sans diabète ou hypertension chez la future mère, ou sans bébé présenté par le siège. Il ne faut pas non plus avoir d'antécédents médicaux, comme une césarienne, et il est obligatoire de vivre à moins de 30 minutes d'une maternité dans un logement avec un accès facile pour les ambulanciers.

Lorsqu'une future maman intéressée par l'AAD correspond à tous ces critères, elle doit se tourner vers une sage-femme libérale qui pourra suivre sa grossesse. Il est cependant important de constituer un dossier médical et un projet de naissance dans une maternité, en cas de complication durant l'accouchement entraînant un transfert en urgence.

Limiter l'intervention médicale

S'il est entouré de conditions très strictes, l'accouchement à domicile suscite l'intérêt de plus en plus de femmes. Plusieurs raisons viennent expliquer cela. Ces futures mamans estiment notamment que le milieu hospitalier est surmédicalisé, avec un recours trop systématique à la péridurale et trop fréquent à la césarienne. Elles aspirent à un retour au naturel. Elles souhaitent aussi être prises en charge de manière individualisée et plus humaine. En effet, à l'hôpital, la patiente a le plus souvent des rendez-vous avec plusieurs sages-femmes en plus du gynécologue, et les cours de préparation à l'accouchement se font généralement en groupe. Dans le cas de l'accouchement à domicile, une seule sage-femme s'occupe à la fois de la mère et de l'enfant. C'est elle qui pratique l'accouchement et qui revient ensuite plusieurs fois pour des visites de contrôle. Une relation de confiance a donc le temps de se créer entre le début de la grossesse et les premiers jours suivants la naissance.

Un compromis entre l'AAD et un établissement hospitalier

Les AAD ne présentent cependant pas que des avantages, loin de là. Une étude américaine publiée dans le New England Journal of Medicine a ainsi montré qu'ils entraînaient davantage de complications pendant le travail, ce qui conduisait par exemple à des transfusions sanguines pour la mère. Aussi plusieurs pays dont la France restent réticents sur le sujet, alors que pour d'autres, la pratique est courante (environ 30% des accouchements se font à la maison au Pays-Bas).

Si accoucher à domicile reste une pratique marginale dans l'Hexagone, une solution intermédiaire entre l'AAD et l'hôpital commence à se développer. Il s'agit des maisons de naissance, des lieux dans lesquels tout est fait pour que les futurs parents se sentent chez eux. Les sages-femmes accompagnent les mères désirant un accouchement physiologique, c'est-à-dire en limitant au maximum l'intervention médicale. À ce jour, en France, il en existe huit.

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