Revenge bedtime procrastination : zoom sur le syndrome du siècle

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Le revenge bedtime procrastination consiste à repousser l'heure du coucher.
Le revenge bedtime procrastination consiste à repousser l'heure du coucher.
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© Adobe Stock, Drazen

Après une journée harassante passée entre bureau et transports en commun, on ne rêve souvent que d'une seule chose : une bonne nuit de sommeil. Pourtant, une fois arrivé à la maison, les intentions sont bien différentes. Qu'importe la fatigue, l'appel de la télévision ou autre activité est plus fort. On repousse alors l'heure du coucher, encore et encore. Cela s'appelle le revenge bedtime procrastination.

Si le manque de sommeil est le mal du siècle, la procrastination est, elle, le syndrome du siècle. Au quotidien, cette tendance à tout remettre au lendemain s'applique majoritairement aux tâches personnelles et professionnelles. Pourtant, il arrive qu'elle empiète également sur des besoins essentiels comme le sommeil. L'impact sur la santé peut alors devenir très important.

Le revenge bedtime procrastination : kézaco ?

Si l'on connaît bien le terme "procrastination", le "revenge bedtime procrastination" est un concept assez récent et méconnu. Pourtant, il nous est tous déjà arrivé d'en subir les conséquences, car en réalité sa signification est assez simple. Apparue en 2018 sur un blog américain, cette expression a été inventée pour désigner le fait de repousser l'heure du coucher. En effet, après une longue journée de travail, le soir se révèle être le seul moment où l'on peut se ressourcer et prendre du temps pour soi. Afin d'en profiter au maximum, on a donc tendance à retarder l'heure de se glisser sous les draps, au risque d'avoir l'impression de gâcher son temps libre. L'angoisse du lendemain et des responsabilités liées au monde professionnel est également l'un des facteurs principaux de ce syndrome répandu. Comme un moyen de fuir la routine quotidienne du métro/boulot/dodo, le revenge bedtime procrastination s'impose à tous, même aux adolescents. Pourtant, à outrance, il n'est pas bon du tout pour la santé...

Quels effets sur la santé ?

S'il donne l'illusion de pouvoir profiter de ses soirées, le revenge bedtime procrastination atteint très vite ses limites. À outrance, il peut provoquer des insomnies très difficiles à contrôler qui risquent immanquablement de détériorer l'énergie et la concentration de la personne qui en souffre. Au-delà de conduire à une fatigue générale, ce manque de sommeil peut aussi induire des problèmes de santé plus ou moins graves. Le développement d'une anxiété chronique est notamment souvent observée, de même qu'un manque de productivité évident au travail. S'ensuivent alors pression, culpabilité et perte de contrôle sur les journées de travail... Un cercle vicieux difficile à endiguer et qui peut rapidement prendre une grande ampleur s'il n'est pas stoppé.

Un boom depuis la pandémie

Le revenge bedtime procrastination a toujours plus ou moins existé. Cependant, il s'est largement répandu depuis 2020, avec l'apparition de la pandémie liée au coronavirus. Une expansion liée à la démocratisation du télétravail qui floute drastiquement les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle. Certaines études ont notamment prouvé que les personnes qui travaillent à domicile ont tendance à faire beaucoup plus d'heures que la normale. Inconsciemment, le cerveau a alors du mal à faire la part des choses, surtout lorsque l'on ne dispose pas d'un bureau séparé du reste du domicile. En soirée, l'envie de déconnecter est donc bien plus forte et l'heure du coucher ne cesse d'être repoussée... Pour éviter ce problème, n'hésitez pas à vous imposer des limites dès le départ et, si cela peut vous aider, établissez un planning stricte pour avoir une vision globale de vos journées.

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