Quand se plaindre devient chronique : qu'est-ce que le syndrome de Calimero ?

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Les personnes atteintes du syndrome de Calimero ont tendance à se plaindre souvent.
Les personnes atteintes du syndrome de Calimero ont tendance à se plaindre souvent.
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© Adobe Stock, Suzanne Plumette

À l'évocation de Calimero, on a tous en tête ce petit poussin noir qui n'a de cesse de se plaindre. Et, dans notre vie, il n'est pas rare de croiser des personnes qui, comme Calimero, vont se plaindre facilement ou se sentir victime d'injustice. Mais, le syndrome de Calimero, de quoi s'agit-il exactement ?

Quand se plaindre devient une habitude

La pluie, le beau temps, le café trop chaud ou ce voisin de train qui parle trop fort, on a tous dans notre entourage quelqu'un qui trouve le moyen de se plaindre de tout et de rien. Aussi, la plainte nous permet de nous délester d'un poids et d'éviter de développer des maladies psychosomatiques. Mais lorsque se plaindre devient une manière d'être, on peut parler de syndrome de Calimero.

D'après le docteur Saverio Tomasella, psychanalyste et auteur de l'ouvrage Le Syndrome de Calimero (Albin Michel), pour Psychologies : "La plupart du temps, les personnes qui se plaignent beaucoup ont vécu des injustices réelles et craignent d'en être de nouveau victimes. Certains Calimeros peuvent aussi avoir subi de grandes hontes, des humiliations, des moments de rejet et d'abandon. Des traumatismes graves dans la généalogie (spoliation d'héritage, ruine, exil) peuvent également marquer un enfant, qui va se retrouver en position de porte-parole et se plaindre de manière importante à la place de sa famille. Souvent, les plaintes exprimées couvrent donc des problèmes bien plus importants. Plutôt que de parler d'un souci trop intime, par pudeur, les Calimeros vont râler à cause du train en retard, du café trop chaud... L'expression de la douleur, de la gêne, se reporte sur quelque chose de bénin."

Comment en finir avec le syndrome de Calimero ?

Si vous vous êtes reconnu dans cette attitude, et que vous souhaitez sortir de ce schéma, voici quelques conseils qui pourraient vous y aider. Dans un premier temps, il convient d'apprendre à exprimer sa plainte en la définissant mieux et en évitant de vouloir susciter l'apitoiement. C'est un processus très sain d'extérioriser, une fois que l'on s'est assuré que l'injustice est bien réelle. Ainsi, votre entourage peut percevoir votre problème et vous apporter l'aide nécessaire. S'accepter est peut-être l'étape la plus difficile mais certainement celle qui vous offrira le plus grand soulagement. À votre rythme, vous pouvez chercher l'origine de ce comportement chez vous. Arrivez-vous à situer le moment où cela à commencé ? Suite à un traumatisme , un souci, un changement de situation ? Pour vous aider à identifier la source, un professionnel peut vous aider à y voir plus clair.

Quelle attitude adopter face à un proche qui se plaint souvent ?

Face à ce syndrome, l'entourage est mis à rude épreuve, se sentant impuissant devant les plaintes de celui qui souffre du syndrome de Calimero. Attentif au début, on peut vite ne plus prêter attention à l'autre sans s'en apercevoir. Mais, même si l'on se sent désarmé, le mieux est de poser des questions pour comprendre ce qui ne va pas et poser des questions. Cependant, afin de ne pas se laisser submerger soi-même si la situation semble bloquée, il convient de poser des limites bienveillantes en expliquant à l'autre que c'est à lui de trouver des solutions ou peut-être demander l'aide d'un professionnel.

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