Bigorexie : comment éviter que le sport devienne une addiction ?

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Parfois, le sport va bien au-delà de la simple passion. Il devient addictif. On parle alors de bigorexie.
Parfois, le sport va bien au-delà de la simple passion. Il devient addictif. On parle alors de bigorexie.
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© Adobe Stock, Liubov Levytska

La bigorexie correspond à l'addiction à l'activité physique. Comme toute dépendance, elle peut avoir des conséquences néfastes sur la vie et la santé des personnes qui en souffrent. Nos conseils pour la repérer et la prévenir afin que le sport demeure un plaisir sain.

L'activité physique est essentielle pour rester en bonne santé. Mais quand elle devient excessive, elle perd ses bénéfices et peut même devenir toxique avec risques de blessures, isolement social, déprime...

Qu'est-ce que la bigorexie ?

La bigorexie est une vraie pathologie reconnue comme maladie par l'Organisation Mondiale de la Santé depuis 2011. Il s'agit d'une dépendance à l'activité physique qui s'accompagne d'un besoin irrépressible de faire du sport tous les jours, voire plusieurs fois par jour pendant plusieurs heures sous peine de souffrir d'un manque, d'un mal-être, de générer du stress...

Dans la vie des bigorexiques, le sport tient une place prépondérante. Toute leur vie est planifiée autour de leur activité physique : ils peuvent annuler une sortie entre amis, décommander un restaurant, se priver d'un week-end en famille pour être sûrs d'avoir leur dose d'activité quotidienne. Les causes de la bigorexie sont multiples et la maladie peut être multifactorielle : volonté de rester mince, jeune, en bonne santé, manque d'estime de soi, besoin de combler un manque affectif...

Comment la repérer ?

Comment savoir si sa pratique sportive va au-delà du simple hobby et du plaisir ? Tout d'abord, le nombre d'heures de pratique est un bon indicateur. Pour les non sportifs professionnels, faire plus de 8 heures de sport par semaine est associé à un risque accru de bigorexie. Ensuite, la place que prend le sport dans sa vie est aussi à prendre en compte. Refuser un resto ou un ciné, chambouler son planning pour pouvoir caler ses séances de sport, tout cela aussi peut indiquer une dépendance. De manière générale, quand le sport désocialise, il faut être vigilant. Le manque peut également être un signe d'addiction. Se sentir mal, nerveux, de mauvaise humeur voire triste parce que l'on ne peut faire sa sortie running ou son WOD doit là encore alerter. Les sportifs dans le déni qui continuent de s'entraîner même malade, avec des blessures ou des douleurs peuvent eux aussi souffrir de bigorexie. Toujours chercher à se dépasser, à aller plus loin dans sa pratique, contrôler son alimentation afin de mieux performer sont également des éléments à ne pas sous-estimer.

Les bons réflexes pour que le sport ne devienne pas une addiction

• Veiller à continuer à avoir une vie sociale, des activités autres que le sport.

• Faire du sport en groupe peut aussi être un moyen de ne pas tomber dans l'addiction, il est important d'éviter l'isolement.

• Ne pas avoir une pratique trop excessive. Cela est bien sûr propre à chacun, mais deux séances par jour pour les non professionnels peut sembler beaucoup.

• Quand la pratique commence à devenir envahissante, qu'elle prive de certaines choses, essayer de réduire le nombre de séances hebdomadaires ou au moins leur durée.

• S'obliger à s'arrêter en cas de blessures ou de douleurs.

• Rester à l'écoute de son entourage et notamment des personnes sportives. Elles sont plus à même de comprendre ce besoin de se dépenser que les non sportifs, et leur message aura sans doute plus de poids.

• Parfois l'addiction au sport est liée à un problème d'image de soi. Apprendre à s'aimer, à s'accepter, à se donner de la valeur dans d'autres pans de sa vie que dans le sport peut aussi limiter les risques d'une pratique excessive.

• Le sport doit avant tout rester un plaisir. S'il s'accompagne de stress ou de mauvaise humeur, c'est qu'il ne joue plus son rôle de source de bien-être.

La bigorexie, comme toute dépendance, met en place des mécanismes complexes. Les déjouer avant de tomber dans l'addiction n'est pas toujours simple. Aimer faire beaucoup de sport ne signifie pas nécessairement être dépendant. Mais quoi qu'il en soit, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue du sport ou un addictologue quand on se rend compte, ou que les autres nous font remarquer, que le sport grignote beaucoup de temps dans notre vie.

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