Pourquoi a-t-on un plus grand appétit lorsque l'on est fatigué ?

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En perturbant nos hormones, la fatigue accroît la faim.
En perturbant nos hormones, la fatigue accroît la faim.
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© Adobe Stock, Andrey Popov

À la fin d'une longue et éprouvante semaine de travail chargée en nuits d'insomnie, une seule envie vous taraude : manger un énorme burger et des frites. Selon les goûts, il peut aussi être question d'un bon plat de pâtes en sauce ou d'une large rangée de sushis. Dans tous les cas, un constat s'impose : la fatigue accroît la faim. Mais pour quelles raisons ?

Oui, l'appétit est plus important quand l'épuisement nous assaille. Pour justifier cette observation, nous pourrions instinctivement évoquer une quête de réconfort, car quoi de mieux qu'une délicieuse tournée de crêpes pour panser la fatigue ? Seulement, ce qui se passe dans notre corps est bien plus complexe. En effet, c'est au niveau de nos hormones et de notre cerveau que tout se jouerait. Explications.

La production de ghréline

Pour commencer, la fatigue perturbe l'hormone régulatrice de l'appétit : la ghréline. Celle-ci est directement liée à la sensation de faim au niveau de l'estomac et du pancréas. Et lorsque le manque de sommeil s'installe, sa production augmente. En cas d'épuisement, ce bouleversement au sein de notre corps stimule donc notre faim, nous conduisant tout droit vers le frigo !

Le manque de mélatonine

C'est grâce au sommeil qu'est sécrétée la mélatonine. Cette hormone indispensable régule nos rythmes biologiques. Dès lors que sa production est atténuée par le manque de sommeil, des dérèglements peuvent s'établir, y compris au niveau de notre alimentation journalière. Ainsi, nous sommes notamment tentés de manger entre les bonnes heures de repas : parenthèses couramment appelées grignotages ou fringales. Oui, ce paquet de chips vinaigrées vidé à 15h résulterait potentiellement de la fatigue cumulée... Alors prudence !

La baisse de la leptine

En plus de la ghréline et de la mélatonine, le manque de sommeil altère la production de la leptine. Son rôle tend à réguler les besoins énergétiques de chaque individu. Réduite, elle serait susceptible de favoriser la faim. Bien que vous n'en ayez pas forcément besoin, votre corps s'avère alors capable de réclamer plus de nourriture. Résultat : deux parts de pizza supplémentaires dans le ventre (pourtant pas indispensables) !

L'affaiblissement du cortex préfrontal

L'implication du cerveau est aussi évoquée dans un article de 2015 publié par Top Santé. Dans ce cadre, Robert Jaffard, neurobiologiste chercheur au CNRS, spécialisé dans l'étude de la mémoire et membre de l'Observatoire B2V des Mémoires, explique : "Dormir insuffisamment affaiblit le cortex préfrontal qui devient incapable de contrôler suffisamment ses attirances alimentaires et les corriger". Vous savez, cette voix dans notre tête qui nous incite à commander au fast-food du coin... Disons qu'en cas de fatigue, nous avons beaucoup de mal à ne pas l'écouter.

Le cortex préfrontal régirait en fait notre jugement et notre prise de décision. Conséquence s'il est affaibli : nos émotions et nos pulsions - dont celles alimentaires - échapperaient plus facilement à notre contrôle. C'est ainsi que nous n'aurions alors plus aucun scrupule à engloutir un sachet de popcorn ou reprendre une riche part de lasagnes. Le fin mot de ces observations : dormir suffisamment, c'est mieux !

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