La réalité virtuelle, nouvelle solution pour soigner les phobies ?

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Le casque de réalité virtuelle permet de toucher du doigt sa peur en toute confiance.
Le casque de réalité virtuelle permet de toucher du doigt sa peur en toute confiance.
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© iStock, Melpomenem

Soigner les phobies et les addictions grâce à la réalité virtuelle est désormais possible. Plongée aux frontières du réel.

Les spécialistes du cerveau se sont intéressés à la réalité virtuelle pour aider les patients à vaincre leurs phobies comme la peur du vide, des araignées, l'agoraphobie... Un champ d'action qui serait bien plus vaste encore.

La réalité virtuelle, qu'est-ce que c'est ?

La réalité virtuelle correspond à un monde artificiel, irréel où la vue, l'ouïe et parfois le toucher (selon les équipements) sont respectés. Il peut être à l'image d'un monde existant ou totalement fantasmé. Cette plongée dans ce monde irréel se fait avec un casque de réalité virtuelle. Parfois des vêtements, des gants, une combinaison peuvent être utilisés pour pousser un peu plus loin l'expérience.

Pour quelles indications ?

Pour surmonter sa peur, il faut l'affronter. Jusqu'à présent, les médecins n'avaient d'autres choix que d'inciter les arachnophobes à se confronter à des araignées, aux agoraphobes à se promener dans la foule, et ainsi de suite... Un processus long, effrayant, éprouvant pour les patients atteints de phobies. Tellement brutal que certains phobiques préféraient refuser la thérapie de crainte de se retrouver face à leur plus grande peur.

Depuis quelques années la donne a changé. Les psychiatres, psychologues et autres spécialistes du cerveau ont un traitement plus doux pour guérir les patients de leurs phobies : la réalité virtuelle. À l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), les médecins ont d'abord travaillé sur la peur des araignées, la peur de l'avion, la peur du vide et de la hauteur, la claustrophobie, l'agoraphobie.

Dans les faits, le patient enfile son casque de réalité virtuelle et et voit défiler devant ses yeux un monde virtuel où il va être confronté à sa peur. La différence par rapport à la vraie vie, c'est que là, dans la sécurité du cabinet médical, le patient avance à son rythme, appréhende sans pressions extérieures. En cas d'arachnophobie par exemple, il verra d'abord une patte de la bête velue avant de décider de s'en approcher et de la voir entièrement. Le fait d'avoir le contrôle est rassurant. Même si l'araignée est là, que le vide se rapproche ou que l'avion s'apprête à décoller, rien n'est réel, le patient garde la maîtrise du déroulé des événements. Et dès que la peur devient trop forte, trop envahissante, il suffit d'enlever le casque pour faire disparaître la source de phobie et d'éviter sans doute une crise de panique.

Des limites ? Oui, dans de rares cas (environ 10 %) la thérapie ne fonctionne pas. La cause est souvent un manque d'investissement des patients entre les séances qui ne font pas les exercices demandés.

Et dans le futur ?

L'utilisation de la réalité virtuelle dans le domaine médical n'en est qu'à ses débuts. Elle pourrait être utilisée pour soigner les cas de stress post-traumatique notamment chez les vétérans. Elle pourrait également avoir un intérêt dans la prise en charge de la schizophrénie. La réalité virtuelle est aussi une aide pour la gestion de certaines addictions comme le tabagisme. Un monde virtuel certes avec des bénéfices bien réels eux !

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