Relations toxiques : comment les reconnaître et s'en sortir ?

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La personne qui subit les faits ressent un profond mal-être, voire de déprime.
La personne qui subit les faits ressent un profond mal-être, voire de déprime.
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© iStock, PredragImages

Le quotidien peut être intoxiqué par un reproche répétitif, une remarque déplacée, un geste douteux venant d'un ami, d'un amant, d'un collègue... Le poison se déverse sous une multiplicité de forme mais n'est pas sans antidote !

Sans pouvoir mettre le doigt sur le problème, un malaise se noue dans une relation et entraîne un épuisement mental. Dans l'intimité du couple, au sein d'une famille, exercé par un ami ou un supérieur hiérarchique, les relations toxiques existent sous différentes formes mais cumulent les mêmes points communs. Souvent par emprise émotionnelle, la victime a des difficultés à en prendre conscience et reste en souffrance psychologique, parfois physique.

L'identification du problème

La psychothérapeute Sylvie Tenenbaum décrit, pour le site Femme Actuelle, les relations toxiques comme "un rapport asymétrique toxique de type dominant/dominé, masqué par différentes sortes de manipulations, des plus "douces" aux plus violentes, de stratégies perverses plus ou moins subtiles." Un comportement pernicieux qui se caractérise par des agressions verbales quotidiennes, une pression constante, un rapport de force permanent qui est tourné en défaveur de la victime. Ce lien nocif émerge à travers la jalousie, la compétitivité, les enjeux de pouvoir ou encore la possessivité exacerbée. La personne qui subit les faits ressent un profond état de mal-être, voire de déprime. Elle manque de réciprocité, de reconnaissance et de confiance en soi. Elle a peur de décevoir l'autre tout en ayant l'impression de ne pas pouvoir être elle-même.

De son côté, le dominant, souvent un manipulateur ou pervers narcissique, exerce son autorité en soufflant sournoisement le chaud et le froid. Un instant, il séduit sa proie pour la détruire, la minute d'après, il instaure une dépendance tout en faisant culpabiliser et en demandant toujours plus d'efforts. Après les compliments et les cadeaux, c'est l'humiliation. Les capacités du souffre-douleur sont minimisées. Souvent, la victime est isolée de ses proches. Une relation nocive que le psychiatre Christophe André qualifie de "vampiriques" avant de classifier plusieurs types de "dévoreurs d'énergie" pour le magazine Psychologies : "les plaintifs chroniques, les dépendants affectifs, les hypersensibles, les conflictuels, les hors-la-loi". L'identification de ces personnes à fuir est nécessaire pour parvenir à la seconde étape : l'action.

Se remettre du "vampire"

Quand ces attitudes néfastes sont démasquées, il faut prendre de la distance, se détacher des êtres envahissants. "Il est important d'établir la juste distance pour ne pas se laisser happer. Nous risquons en effet de nous soumettre à la pathologie de l'autre et de devenir sa victime, puis de sombrer dans l'agressivité et la rancoeur. En général, nous devons nous méfier de notre tendance à endosser le rôle du sauveur. Si l'on peut souvent aider, on peut rarement sauver. Quand l'énervement commence à nous envahir, deux questions s'imposent : suis-je la bonne personne et dois-je être la seule personne ? ", explique Christophe André.

Si l'attachement est marqué, la démarche apparaîtra, au premier abord, compliquée. Pour s'en sortir, il est recommandé de s'entourer de personnes de confiance. Les relations saines doivent être cultivées, celles qui tirent vers le bas doivent être éloignées. Pour éviter d'être plongé dans une liaison empoisonnée, il faut savoir interagir et négocier avec autrui, non être dans une optique de contrôle et apprendre à détecter la subtilité du double discours. Des proches véritablement bienveillants ou des spécialistes participent au soin des maux, encore faut-il oser les solliciter ! La psychanalyste Isabel Korolitski rappelle, toujours sur Psychologies, que "l'inconscient recherche ce qu'il connaît, il ne s'aventure pas en terrain inconnu. Une première attache maltraitante non identifiée et non soignée en appelle d'autres". Une relation doit pousser à donner le meilleur de soi-même ou rien !

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