La maladresse est-elle héréditaire ?

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Homme ou femme, quand la maladresse vous tient !
Homme ou femme, quand la maladresse vous tient !
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© Adobe Stock, Drazen

Bam, le petit orteil dans le coin d'un meuble, boum, la vaisselle qui casse, paf, la chute dans les escaliers. La maladresse n'est pas facile à vivre, et quand elle est là, difficile de s'en séparer. Mais à quoi est-elle due ?

Qui ne s'est jamais foulé la cheville en ratant une marche ou pris un poteau en pleine tête ? On vous a souvent dit que vous aviez deux mains gauches ? Qu'on se rassure, la maladresse n'est pas une maladie, mais seulement une contrainte quotidienne qui "n'existe que sous le regard des autres", comme l'explique Psychologies Magazine. "En solo et en absence de remarque, le collectionneur d'hématomes ou autre jongleur d'objets vivrait avec sa dextérité médiocre sans qu'elle le gêne." En effet, "la maladresse est socialement dévalorisante", explique Philippe Brenot, psychiatre et anthropologue, à Psychologies.

Pour tenter d'y remédier, il est important de "reconnaître cette déstabilisation, pour éviter la culpabilité ou la colère face à la maladresse", explique Catherine Périssol, psychothérapeute au Parisien. "Ensuite, il faut comprendre ce que celle-ci veut dire. Le corps ne réagit pas sans raison. Identifier les sources de cette émotivité et y porter l'attention qu'elle mérite permettent de la réduire, et de reprendre le contrôle de son corps". Oui, mais comment s'y prendre pour identifier les causes ?

Quand les émotions entrent en jeu

La maladresse parle d'un temps que seul l'inconscient se remémore. Elle est souvent liée à des causes bien ancrées en rapport à "des pressions trop fortes pendant l'enfance et l'apprentissage de l'adresse. Elle peut d'ailleurs ne réapparaître que dans un contexte bien précis, ou face à certaines personnes, comme les parents, par exemple", peut-on lire dans Le Parisien. Des émotions trop intenses peuvent en être la cause, "ainsi, des parents impatients de voir leur enfant éplucher correctement une pomme le tétanisent par leur réaction agressive et encouragent un apprentissage maladroit. À l'âge adulte, l'image du parent agressif reviendra au moment de reprendre le couteau", précise Psychologies. Outre cela, l'hérédité peut-elle jouer un rôle ?

Trois générations de maladroits

L'hérédité joue également un rôle dans la maladresse. D'abord par la mère, si cette dernière est maladroite, en particulier pour une fille car "la transmission agit in utero et dans les premiers temps de la vie, mais elle s'accentue ensuite du fait de la similarité des sexes : la fille s'identifie plus fortement que le garçon. Ce modèle peut aussi provoquer un contre-modèle", précise Catherine Aimelet-Périssol, docteure en médecine et psychothérapeute au magazine Marie France. Mais cela ne signifie pas que le père n'y est pour rien, "tout dépend de sa présence, de son implication et de la place factuelle et symbolique que lui donne la mère".

Dans une fratrie, l'aîné aura tendance à être plus maladroit que ses frères et soeurs, puisque c'est "l'enfant qui transforme le couple en famille et 'essuie les plâtres'". La maladresse, une fois installée dans une famille, peut agir sur trois générations car "le parent a développé une identité par rapport à son propre parent. Le modèle, ou contre-modèle, qu'il transmettra à ses enfants sera imprégné par celui de son parent..."

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