Sexsomnie : qu'est-ce que le somnambulisme sexuel ?

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La sexomnie peut entraîner des pratiques sexuelles peu habituelles au sein du couple.
La sexomnie peut entraîner des pratiques sexuelles peu habituelles au sein du couple.
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© Adobe Stock, YakobchukOlena

Marine Cournede

Passer à l'acte sexuel en dormant est un comportement qui peut faire sourire, pourtant ce trouble du sommeil, appelé sexsomnie, peut générer des rapports violents au sein d'un couple, voire dans les cas les plus extrêmes, mener à des drames. Explications.

Une forme peu connue du somnambulisme

La sexsomnie regroupe les comportements sexuels involontaires survenus pendant le sommeil, alors que le cerveau n'est qu'à moitié réveillé. Au même titre que dans un état conscient, il peut s'agir d'actes centrés sur soi-même comme la masturbation, mais aussi de rapports interactifs avec son voisin de lit tels que des attouchements, des pratiques orales ou des rapports sexuels complets. La sexsomnie peut également initier des pratiques sexuelles peu courantes dans le couple, mettant parfois la puce à l'oreille du conjoint éveillé.

Une sexualité qui change

Le Professeur Isabelle Arnulf, spécialisée dans les pathologies du sommeil, explique au site e-santé qu'une épouse ou une petite amie peut remarquer des comportements sexuels inhabituels : "Par exemple si l'homme veut des rapports pendant la période des règles alors que ça n'est pas une habitude du couple, s'il engage d'autres pratiques (sodomie notamment) plus violentes mais inhabituelles dans ce couple, s'il prononce des paroles plus crues que d'ordinaire..." Ces changements de sexualité, généralement peu appréciés par le/la partenaire, peuvent être indicateurs de sexsomnie, et sont d'autant plus probables si la personne a déjà eu des épisodes de somnambulisme.

Le Professeur Colin Shapiro, lui aussi spécialiste du sommeil, avait rapporté divers cas de sexsomnie lors du dixième congrès annuel de l'Association pour l'étude psychophysiologique du sommeil. Parmi eux, un homme de 37 ans qui s'engageait, lors de son sommeil, dans des actes "plus agressifs et plus amoureux", selon sa femme. Cette dernière raconte avoir dû le gifler violemment un jour, alors qu'il l'étranglait au cours d'un ébat. "Il cessa immédiatement et se réveilla", signale le rapport.

Un état inconscient qui peut avoir des conséquences néfastes

En 2014, Mikael Halvarsson, un Suédois de 26 ans, est accusé par le tribunal d'avoir violé une femme avec qui il dormait dans le même lit. Mais lors d'une seconde instance, il est décrété que le jeune homme souffrait de sexsomnie. Et son cas n'est pas isolé, si bien que les spécialistes sont aujourd'hui en mesure de discerner les vrais agresseurs des sexsomniaques. Le Daily Mail rapporte qu'en Grande-Bretagne, la sexsomnie a été invoquée lors de procès 16 fois, à tort, entre 1996 et 2011.

Qui est touché par la sexomnie ?

Selon le site e-santé, 10% des somnambules ont déjà eu au moins une fois une "activité sexuelle amnésique", ou sexsomnie. Les trois-quarts des sexsomniaques sont des hommes et ces comportements peuvent être majorés par un manque de sommeil, mais aussi par un manque d'activité sexuelle. Les personnes expérimentant des troubles qui s'apparentent à du somnambulisme, comme parler dans son sommeil, sont elles aussi exposées à de plus forts risques de sexsomnie.

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