La monogamie est-elle naturelle ?

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La monogamie reste le modèle de couple le plus "classique".
La monogamie reste le modèle de couple le plus "classique".
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© Adobe Stock, goodluz

Longtemps vue comme le modèle unique et classique du couple, la monogamie n'a plus tout à fait la cote auprès des nouvelles générations. Entre les relations ouvertes et le polyamour, certaines personnes revendiquent le droit d'aimer plus d'une personne à la fois. Une attitude qui fait débat, et qui est toujours entourée d'un certain tabou.

Les hommes et les femmes sont-ils faits pour être monogames ? La question ne date pas d'hier, et elle continue à faire débat à l'aube de l'année 2020. Pendant très longtemps, le couple "classique" a été érigé au rang de modèle, d'idéal. Tomber amoureux, se marier, avoir des enfants, rester ensemble jusqu'à la fin de sa vie... L'arrivée du divorce dans les années 1790 avait représenté un premier chamboulement dans cet idéal. Mais aujourd'hui, les "types" de couples sont de plus en plus différents, les relations évoluent, et de plus en plus de personnes rejettent sans complexe les relations classiques.

La monogamie est-elle génétique ?

Si certaines personnes s'épanouissent sans aucun problème dans des relations monogames, ce n'est pas le cas de tout le monde. On dit souvent que les hommes ont un problème avec la fidélité, mais les femmes sont tout aussi capables de tromper leur partenaire. Et si cela s'expliquait par la génétique ? En janvier 2019, une étude de biologistes américains publiée dans les "Proceedings of the National Academy of Sciences" démontrait que la monogamie était due à la modification de l'activité de certains gènes.

Les scientifiques de l'Université du Texas à Austin ont étudié le profil génétique des mâles de 10 espèces de vertébrés (quatre mammifères, deux oiseaux, deux grenouilles et deux poissons). En comparant leur ADN, ils ont pu associer 24 gènes à la fidélité et la monogamie. L'étude n'a pour l'instant pas été vérifiée sur les humains, mais pourrait présenter des similarités, d'autant que 95% des mammifères - dont les humains font partie - sont des espèces monogames.

L'opposition de la monogamie à la fidélité

Mais alors, le fait de ne pas vouloir être dans une relation monogame signifie-t-il de constantes infidélités ? Pas forcément. Des nouveaux types de couples gagnent petit à petit en popularité, et présentent différents schémas de fonctionnement, et jouent notamment sur la séparation de la sexualité et des sentiments.

Récemment, une équipe de chercheurs américains de l'université de Rochester a mené une enquête auprès de plusieurs couples afin d'analyser le concept de relations dites "ouvertes", c'est-à-dire qui sont dans une relation amoureuse, mais qui s'autorisent à avoir des relations sexuelles avec d'autres personnes, sans que cela ne soit considéré comme une infidélité. Et le résultat, publié dans le "Journal of Sex Research", suggère que ces relations apportaient plus d'épanouissement aux sondés, car elles généraient moins de solitude et plus de satisfaction que la monogamie.

Certains couples vont encore plus loin avec le polyamour, qui donne la possibilité d'avoir plusieurs relations amoureuses en même temps, soit à plusieurs (les "trouples", couples à trois), soit chacun de son côté. Mais ce schéma reste mal accepté par la société, qui associe souvent la polygamie à une incapacité de se décider, ou au fait de chercher à avoir une sorte de harem.

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