Drogue, alcool : quels effets sur la sexualité ?

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En faible quantité, l'alcool et les drogues peuvent être désinhibants et donc faciliter les rapports sexuels.
En faible quantité, l'alcool et les drogues peuvent être désinhibants et donc faciliter les rapports sexuels.
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© Adobe Stock, Boggy

Émilie Nougué

Il existe de nombreuses idées reçues concernant les liens entre l'alcool, les drogues et la sexualité. Entre pouvoir désinhibant et augmentation des comportements à risques, zoom sur les effets liés à la consommation de ces substances modifiant nos perceptions.

Une plus grande confiance en soi

Le cerveau joue un grand rôle dans notre sexualité. C'est lui qui contrôle nos désirs, qui freine nos pulsions ou au contraire, qui les stimule, qui fait que nous nous sentons totalement à l'aise au lit avec une autre personne ou non. Lorsqu'il est altéré par l'alcool ou la drogue, notre sexualité est évidemment différente. En faible quantité, l'alcool procure ainsi un sentiment de détente. C'est cet effet anxiolytique qui permet d'avoir une plus grande confiance en soi et donc de faciliter les relations sexuelles. En revanche, des études ont montré qu'il n'améliorait pas la qualité de ces relations. "Les sujets qui sont persuadés que l'alcool est positif pour eux ne rapportent pas une relation sexuelle plus épanouie après consommation", résumait le Dr Philip Gorwood, psychiatre, interrogé en 2016 dans Allô Docteurs.

Il en va de même pour le cannabis, drogue la plus consommée à travers le monde, qui favoriserait le laisser-aller. L'ecstasy provoquerait quant à elle un sentiment de bien-être et d'euphorie pouvant aider à entamer une relation sexuelle.

Panne, absence d'orgasme...

Mais quand il s'agit de drogue ou d'alcool, le revers de la médaille n'est jamais bien loin. Lorsqu'il est trop engourdi, le cerveau ne parvient plus à envoyer des messages d'excitation au corps. Les hormones sexuelles - la testostérone chez l'homme et les oestrogènes chez la femme - sont produites en de plus faibles quantités. C'est ainsi que les hommes peuvent avoir des difficultés à avoir ou maintenir une érection (un phénomène également dû à la déshydratation du corps engendrée par une consommation d'alcool), mais aussi à parvenir à la jouissance. Même chose pour les femmes qui peuvent connaître une lubrification vaginale moins abondante et ressentir l'orgasme moins intensément.

Le pouvoir désinhibant de ces substances est par ailleurs multiplié lors d'une trop forte consommation. Cela peut conduire à adopter des comportements regrettés par la suite, comme tromper son/sa partenaire ou avoir un rapport non protégé.

De nombreux risques sur le long terme

Sur le long terme, l'effet anxiolytique de l'alcool et des drogues diminue peu à peu par tolérance. Il faut en consommer plus pour arriver au même résultat qu'auparavant, ce qui favorise la dépendance. Les conséquences négatives engendrées lors d'une consommation ponctuelle excessive apparaissent également chez celles et ceux qui boivent deux ou trois verres d'alcool par jour, ou qui prennent quotidiennement de la drogue : érections moins fréquentes, sécheresse vaginale voire anorgasmie, soit l'absence d'orgasme. Par ailleurs, chez les hommes, une trop grande consommation d'alcool et de drogue peut entraîner une atrophie testiculaire, qui réduit ou stoppe leur fonctionnement normal. Enfin, toutes ces substances détériorent considérablement la fonction de reproduction, chez les hommes comme chez les femmes.

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