Addiction à la pornographie : comment s'en sortir ?

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L'addiction à la pornographie est une addiction comme les autres.
L'addiction à la pornographie est une addiction comme les autres.
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© iStock, baona

Lorsque le mot "addiction" est évoqué, le grand public pense généralement à la drogue, à l'alcool, ou encore au jeu. Mais la pornographie peut-elle aussi devenir une forme d'addiction. Comment faire lorsque l'on ne peut plus se passer de ces vidéos classées X ?

En règle générale, il n'y a pas de mal à regarder des films pornographiques. Cela permet de se détendre, de booster sa libido, de prendre du plaisir... Bref, c'est quelque chose de sain, et qui est pratiqué par une majeure partie de la population, même si les films X ont aussi leurs détracteurs. En revanche, comme de nombreuses choses qui font du bien, le porno peut devenir addictif, et ce n'est pas si rare. En 2015, selon les chiffres de stopporn.fr, cette "pornodépendance" touchait au moins 6% des internautes français, majoritairement des hommes, même si les femmes ne sont pas à l'abri.

Quels sont les symptômes ?

Comme toutes les pathologies, l'addiction au porno possède des symptômes, qui s'invitent généralement insidieusement. En effet, personne ne devient accro du jour au lendemain : c'est lorsque l'habitude devient un réel besoin que l'on peut alors parler d'addiction. Les personnes qui en souffrent ne parviennent pas à contrôler leur consommation, et ont un besoin compulsif de regarder des vidéos et de se masturber, plusieurs fois par jour, parfois pendant plusieurs heures d'affilée. Impossible pour eux de s'en passer.

À l'heure actuelle, l'Organisation mondiale de la santé reconnaît les "comportements sexuels compulsifs" comme un trouble du contrôle des impulsions, sans parler d'addiction au porno au sens "clinique" du terme, même si une évolution de la définition est prévue pour les années à venir.

Des conséquences à différents niveaux

Cette addiction peut parfois s'associer à un besoin d'aller toujours plus loin dans la découverte de nouvelles pratiques dites "extrêmes", de façon à alimenter ses fantasmes. Et cette addiction à la pornographie peut même entraîner des problèmes mécaniques, tels que l'impossibilité d'avoir une érection ou d'être excité sans ces vidéos. Mais ce n'est pas tout : elle entraîne aussi une forme d'isolement psychologique, souvent lié à la honte de soi, de l'irascibilité si la personne ne peut pas satisfaire son addiction, et dans les cas les plus extrêmes, des pensées suicidaires.

Une désaccoutumance difficile mais pas impossible

Rassurez-vous : une addiction à la pornographie n'a pas nécessairement besoin d'être une fatalité. Comme pour toutes les addictions, il est possible de s'en sortir, à condition de prendre des mesures souvent drastiques. Tout commence par un sevrage progressif, pour perdre l'habitude de regarder des vidéos classées X, qui peut prendre quelques semaines, quelques mois, ou même plusieurs années, selon le degré d'addiction de la personne concernée. L'idéal est de ne pas se lancer dans ce processus seul, et de prendre contact avec un psychologue ou psychothérapeute addictologue, ou encore avec un sexologue, qui vous aidera à trouver des solutions qui vous conviennent. L'important est de ne pas rester seul.

Par ailleurs, comme pour les Alcooliques Anonymes, il existe des groupes de soutien avec des systèmes d'entraide et de parrainage pour sortir de l'addiction au porno : les DASA, pour Dépendants Affectifs et Sexuels Anonymes.

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