Corée du Nord : Kim Jong-un en guerre contre la coupe mulet

Corée du Nord : Kim Jong-un en guerre contre la coupe mulet
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors du sommet avec le président Russe Vladimir Poutine à Vladivostok en Russie, le 25 avril 2019.

Décidément, la Corée du Nord compte beaucoup d'ennemis, cela même dans les domaines les plus inattendus. Dimanche 16 mai 2021, il a été ainsi annoncé dans le journal officiel des travailleurs, le Rodong Sinmun, que la coupe mulet était désormais interdite au pays du Juche.

Il est d'un commun accord que la Corée du Nord n'est peut-être pas l'endroit idéal en matière de libertés individuelles et collectives. Néanmoins, la décision officielle, communiquée le 16 mai dernier, d'interdire la coupe mulet a de quoi surprendre. En effet, si jusqu'à présent afficher une telle coupe vous valait juste d'être hors-la-loi aux yeux de la police du bon goût, en Corée du Nord elle fera désormais de vous un dangereux délinquant. Selon le journal officiel des travailleurs, il en va de la survie du modèle communiste : "L'histoire nous enseigne une leçon cruciale qu'un pays peut devenir vulnérable et finalement s'effondrer comme un mur, indépendamment de sa puissance économique et de défense si nous ne nous accrochons pas à notre propre style de vie".

Une décision capillotractée ?

Il faut toutefois savoir qu'au pays de Kim Jong-un, le cheveu est un instrument résolument politique. En effet, les citoyens de Corée du Nord disposent d'un choix restreint concernant leurs expérimentations capillaires puisque le régime impose de choisir sa coupe parmi un certain nombre de modèles validés par le Juche (idéologie fondatrice du parti communiste du pays). Ici, l'interdiction de la coupe mulet s'accompagne également de celle de porter des jeans skinny. Des mesures qui visent une jeunesse - en général plutôt aisée - qui a de plus en plus accès à des fragments de la culture occidentale. Ainsi, comme le déclare le journal : "Il faut se méfier du moindre signe du style de vie capitaliste et lutter pour s'en débarrasser." Le mulet, un danger d'état ? Qui l'eût cru.

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