Hausse du prix du petit-déjeuner : ce moment plaisir va t-il devenir un luxe ?

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Ces derniers mois, certains produits plebiscités au petit-déjeuner ont augmenté.
Ces derniers mois, certains produits plebiscités au petit-déjeuner ont augmenté.
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© Adobe Stock, Nitr

On ne le répétera jamais assez : le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée. Or, depuis quelque temps, on assiste à des hausses de prix sur certaines denrées alimentaires. Une inflation qui a de quoi inquiéter les consommateurs.

Le café en nette augmentation

En 2019, une étude menée par Harris Interactive montrait que près de 76% des Français consomment du café au petit-déjeuner. Seulement, la tendance est à la hausse des prix chez les marques. En janvier 2022, l'institut NielsenIQ constatait ainsi une augmentation de 2 à 8% des prix par rapport à mai 2021.

La raison ? Une combinaison de facteurs due en partie à une augmentation de la demande dans de nouveaux territoires, comme l'Asie, et à de fortes intempéries survenues ces derniers mois dans différentes zones de production, notamment au Brésil. Il faut également compter sur les conséquences de la pandémie. La crise sanitaire a fortement impacté le commerce international, notamment dans le domaine de l'acheminement et du transport des marchandises.

Thé, pain, beurre... Des prix à la hausse

En parallèle, l'institut NielsenIQ a constaté des augmentations plus modérées sur d'autres produits plébiscités au petit-déjeuner. Entre septembre 2021 et janvier 2022, le thé a ainsi augmenté en moyenne de 0,4%, les jus de 0,6%, les pâtes à tartiner de 0,5%, les poudres chocolatées de 0,8% et le lait de 1%. Les céréales avaient quant à elles subi une augmentation d'environ 1,26%.

Deux produits enregistrent des hausses de prix importantes : le pain et le beurre. Toujours selon l'institut NielsenIQ, celui-ci a augmenté de 1 à 5% en moyenne en six mois, la raison étant que beaucoup d'industriels ont choisi de favoriser la production d'autres produits laitiers. En ce qui concerne le pain, l'ancien ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises - Alain Griset - prévoyait en novembre 2021 une possible augmentation du prix de la baguette de "5% maximum" courant 2022.

Quelles tendances pour les mois à venir ?

Dans tous les cas, il faut rappeler que ces hausses touchent avant tout les marques de distributeurs premier prix. Les marques distributeur "classiques" et celles des fabricants possèdent des marges plus importantes qui leur permettent de mieux absorber l'augmentation des coûts de production. Autrement dit, les petits prix augmentent plus vite que les produits de moyenne et haute gamme.

Si certaines de ces hausses pourraient être circonstancielles en raison de la crise sanitaire, il ne faut pas oublier que les incidents liés au réchauffement climatique auront quant à eux tendance à s'aggraver à l'avenir. Par ailleurs, le contexte nouveau de la guerre en Ukraine laisse place à de nombreuses inconnues. Si la France est le cinquième producteur de blé au monde, les prix des céréales en général pourraient augmenter puisque l'Ukraine et la Russie comptent parmi les plus gros exportateurs en Europe. Les deux pays, ainsi que la Biélorussie, sont également responsables de 43% de la production d'engrais sur le continent. Avec le durcissement des sanctions et un conflit à l'issue imprévisible pour le moment, on peut donc envisager une hausse des coûts de production pour nos agriculteurs nationaux ; un facteur qui viendrait forcément encore impacter le coût du petit déjeuner des consommateurs français.

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