Désert médical : qu'est-ce que c'est et comment l'expliquer ?

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Il faut attendre de plus en plus de temps avant d'obtenir un rendez-vous chez un généraliste.
Il faut attendre de plus en plus de temps avant d'obtenir un rendez-vous chez un généraliste.
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© Adobe Stock, Supitnan

D'après une étude publiée début 2020 par la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) portant sur l'année 2018, près de 3,8 millions de Français vivent dans ce que l'on nomme un "désert médical". Que désigne cette expression et comment expliquer ce phénomène ?

Désert médical : définition

Un désert médical désigne une zone géographique dans laquelle les habitants rencontrent des difficultés pour accéder aux soins de santé. Les médecins, en particulier, sont en trop faible nombre par rapport à la population et à ses besoins. Résultat, il faut attendre de plus en plus de temps avant d'obtenir un rendez-vous chez un généraliste et/ou se rendre de plus en plus loin.

L'expression "désert médical" a d'abord été employée dans le langage courant et dans les médias avant d'être réellement définie. Selon la DREES, une telle zone cumule trois difficultés :

• L'accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes, soit l'estimation du nombre de consultations possibles chaque année et par habitant, est inférieure à 2,5 ;

• La pharmacie la plus proche se trouve à plus de 10 minutes en voiture ;

• Le premier établissement de soins d'urgence est situé à plus de 30 minutes en voiture.

En s'appuyant sur les données de la DREES, Le Guide Santé, le site data.gouv.fr ou encore l'association des maires de France (AMF) publient régulièrement des cartographies des déserts médicaux en France. Le phénomène concerne des zones rurales mais aussi de grandes villes ayant une forte densité de population, notamment Paris.

Comment expliquer les désert médicaux ?

Voilà plusieurs années que ces déserts médicaux s'étendent en France. Alors que 3,8 millions de Français vivaient dans une telle zone en 2018, ils étaient 2,5 million en 2014, soit 1,3 million de moins. Plusieurs causes viennent expliquer ce phénomène. Tout d'abord, de nombreux médecins généralistes diplômés dans les années 1970 et 1980 partent à la retraite. En raison d'un faible numerus clausus appliqué dans les années 1990, il n'y a plus assez de docteurs en activité pour les remplacer. Par ailleurs, les jeunes médecins, tout comme les jeunes en général, préfèrent s'installer dans une zone dynamique que dans un territoire "oublié" (souvent en zone rurale). Les territoires qui perdent le plus de services de santé sont ceux qui perdent d'autres infrastructure comme les services postaux, les lignes de transport ou encore des écoles. Ils deviennent alors moins attractifs pour les professionnels de santé.

Comment lutter contre la désertification médicale ?

Le numerus clausus a été supprimé à la rentrée 2020 pour tenter d'inverser cette baisse constante du nombre de médecins généralistes. Localement, diverses aides financières ont été mises en place pour inciter les médecins à venir dans des zones désertées. D'autres mesures peuvent aider à mieux couvrir l'ensemble du territoire. C'est le cas de la démocratisation de la télémédecine, de la multiplication des communautés professionnelles territoriales de santé, ou encore de l'emploi de davantage d'assistants médicaux et d'infirmiers, pour partager les tâches plus efficacement avec les médecins.

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